Paris se livre

Le week-end du 25 et 26 avril devait se tenir en haut de la Tour Montparnasse le Salon Paris se Livre. Le salon a été reporté à une date ultérieure. En attendant, nous vous proposons ici un petit aperçu de ce que vous auriez pu y trouver.

  • " Ma rue raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s'appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans. "
    Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d'Or, Paris XVIIIe. C'est l'âge des possibles : la sève coule, le cœur est plein de ronces, l'amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. À la manière d'un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.
    Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d'un quartier et l'odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l'amour et l'enfance ne sont jamais loin.
    Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.
    Née en 1978, Sofia Aouine est reporter radio. Elle publie aujourd'hui son premier roman, Rhapsodie des oubliés.
    Ils ont aimé :
    " Un écrivain est né. " François Busnel
    " Un premier roman truculent et plein de verve. " François Lestavel, Paris-Match
    " Un texte réaliste dans une langue héritée de la rue, à la fois argotique et littéraire, inventive, rythmée. " Muriel Steinmetz, L'Humanité
    " Un énorme coup de cœur pour ce roman éblouissant, avec un style hors norme. " @livres_a_lire
    " Une langue brute, puissante, inoubliable " @lescarnetsdelecteurs
    " La langue de Sofia Aouine est explosive. (...) 524 livres sortent dans cette rentrée littéraire. Pourvu que cette Rhapsodie ne fasse pas partie des oubliés.
    Pour cela courez en librairie. Il sort aujourd'hui. " @fabrice_del_dongo
    " Rhapsodie des oubliés est un coup de poing au ventre dans cette rentrée littéraire. " @emiliedeseliene
    " Sa rage de vivre et sa lucidité m'ont laissée sans voix et sa verve résonnera en moi encore un bon petit moment... Bravo @sofiaaouine. Ce premier roman bombe va faire beaucoup de bruit ! " @leslecteursde_pauli
    Prix de Flore 2019

  • Vous rêvez d'avoir un chien (un setter roux, vif et soyeux), vous voulez même vivre avec. Mais vous habitez un studio. Vous adorez courir dans les prés, nager en eau vive, c'est un besoin vital... Au lieu de quoi vous composez avec des piscines bondées, de tout petits parcs et des tas de particules fines. Vous aimeriez cultiver vos carottes et buller dans les lilas sans participer pour autant au projet de végétalisation urbaine. Vous vous sentez cerné par les périphériques intérieur et extérieur et, soudain, vous étouffez. Je partage votre sentiment. Il faut quitter Paris. Seulement, on ne plaque pas des années d'amours avec la capitale pour un bobtail hirsute... Ensemble, nous allons trouver un plan. 

  • Azur noir

    Alain Blottière

    'Il vit Rimbaud retirer sa veste et la tenir à l'épaule, prendre la rue de Strasbourg puis s'engager dans le boulevard de Magenta vers le nord. Cette fois, il lui semblait certainement que Paris déjà lui appartenait et qu'il n'allait plus jamais en repartir. Verlaine avait été empêché, devait-il penser, et l'attendait chez lui. Il lui avait donné son adresse, rue Nicolet, à Montmartre, tout près de la gare.'
    Léo vient d'emménager avec sa mère à Montmartre, à l'endroit même où Verlaine et Rimbaud se sont rencontrés et aimés cent cinquante ans plus tôt. Durant un été caniculaire de 'fin du monde', alors qu'il croit devenir aveugle, le garçon voit renaître le Paris des deux poètes et en fait son ultime refuge.

  • Tu es mon arrière-arrière-grand-père. Tu as connu le siège de Paris en 1870, la guerre de 14. L'invention du cinéma, et de sacrées tempêtes. Tu as moins de dix ans quand tu deviens jardinier. Plus tard tu seras botaniste. Dans la famille, toutes sortes de petits romans ont circulé à ton sujet. J'ai voulu combler certaines lacunes de ton histoire et ce fossé qui nous sépare. Une mission déraisonnable : réparer l'irréparable, dans le deuil où je suis non seulement de toi, Jules, mais aussi de notre rencontre impossible.

  • Paris, 1917. Un tout jeune garçon se presse pour rejoindre sa maîtresse, de dix ans son aînée. Il veut aller vite, trop vite. Il ne sait pas encore qu'il porte en lui le génie de la littérature et que son parcours de comète se mêlera aux destinées de Coco Chanel, Max Jacob, Picasso, Breton et Aragon, et surtout à celle de Jean Cocteau... Mais il est persuadé qu'il a de grandes choses à accomplir et peu de temps pour y parvenir. Raymond Radiguet, futur auteur du Diable au corps, va tutoyer les étoiles et s'y brûler.Jessica L. Nelson fait revivre une époque culturelle et intellectuelle, celle de l'immédiat après-guerre de 1914-1918, au fil du portrait tout en finesse d'un personnage dont le nom, un siècle après sa mort, résonne encore comme une légende.

  • Irremplaçables

    Elie Robert-Nicoud

    • Stock
    • 11 Septembre 2019

    Peut-on imaginer destinées plus singulières ?
    En 1939, Robert a quatre ans lorsque sa mère le confie à un orphelinat.
    En 1942, Clarisse a quatre ans lorsqu'elle échappe de justesse à une rafle. Robert et Clarisse sont voués au pire, ils vont pourtant connaître une existence hors du commun. Élie Robert-Nicoud raconte ce couple improbable et inséparable, ses parents.
    Lui, d'abord attiré par la boxe puis la peinture, expose à New York et Paris tout en se détournant du succès. Elle, soutien indéfectible de Robert, auteure de romans, de pièces de théâtre, deviendra, sans le savoir, l'une des poétesses les plus célèbres d'Amérique latine. Et leur fils, qui grandit parmi excentriques et marginaux, Jack Palance, Fernand Legros ou Rock Hudson, dans le Pigalle des petites frappes et le Montmartre des artistes bohèmes.
    Élie Robert-Nicoud dresse le portrait doux-amer d'un monde où tout semblait encore possible, et de deux exceptions irremplaçables.

  • Retraçant les vies passées et présentes des habitants d'un immeuble du Xe arrondissement de Paris, Ruth Zylberman livre un magnifique récit. Là se sont succédé, depuis les années 1850 jusqu'à nos jours, des générations d'enfants, d'artisans et d'ouvriers, d'immigrés de l'est ou du sud de l'Europe. Là se sont noués des amours, des amitiés, des tragédies. Là, l'ordinaire du quotidien a côtoyé l'extraordinaire du fait divers et des violences de l'Histoire. Ruth Zylberman propose une réflexion bouleversante sur les traces du passé, les lieux où se loge la mémoire et le lien invisible entre les vivants et les morts. Car cette autobiographie d'un immeuble est aussi une forme d'écriture de soi.
    " Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres."Nous autres du 209', c'était la forte et fière affirmation d'une patrie imaginaire dont l'étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. "
    Née en 1971, Ruth Zylberman est cinéaste et écrivain. Elle a réalisé de nombreux films et publié un roman, La Direction de l'absent, en 2015. Elle a grandi à Paris, dans le XVIIIe arrondissement. Son film Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe (2018, Zadig Productions/Arte) a été couronné par de nombreux prix.


  • " Bienvenue chez CASA, chère Clarissa... "

    Une résidence pour artistes flambant neuve. Un appartement ultramoderne, au 8e étage, avec vue sur tout Paris. Un rêve pour une romancière en quête de tranquillité. Rêve, ou cauchemar ? Depuis qu'elle a emménagé, Clarissa Katsef éprouve un malaise diffus, le sentiment d'être observée. Et le doute s'immisce. Qui se cache derrière CASA ? Clarissa a-t-elle raison de se méfier ou cède-t-elle à la paranoïa, victime d'une imagination trop fertile ?
    Fidèle à ses thèmes de prédilection - l'empreinte des lieux, le poids des secrets -, Tatiana de Rosnay tisse une intrigue au suspense diabolique pour explorer les menaces qui pèsent sur ce bien si précieux, notre intimité.

  • Parti à la recherche de Lavalette, le narrateur rencontre Victorine, dont le témoignage bouleversant l'accompagne dans sa quête. Tandis que sa ville se charge peu à peu d'histoires, il découvre les années de tourments qui ont conduit à la révolution de 1871. Témoignage exceptionnel sur la Commune de Paris, ce roman graphique présente la manière dont l'époque se voyait elle-même.

  • Pour retrouver l'effet d'étrangeté que produisit l'emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public. En 1985, le sens d'une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d'aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d'art - le pont - ou bien à une oeuvre d'art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ? L'enquête menée à l'époque par Nathalie Heinich permet de s'immerger dans le Paris du premier « effet Christo ». Truffée d'anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l'art.

    Nathalie HEINICH est sociologue, directeur de recherche au CNRS. Elle a publié de nombreux articles et près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'artis­te et d'auteur, l'art contemporain, les identités en crise, l'histoire de la sociologie, et les valeurs.
    Parmi ses derniers ouvrages : Le Paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique, Gallimard, 2014.

  • Les rues bleues

    Julien Thèves

    1989. Un jeune homme fuit la province et sa famille pour vivre à Paris et devenir lui-même. Il découvre la solitude, les fêtes et la beauté de la ville fascinante. Avec les années, le monde, autour de lui, change.

    Julien Thèves est né en 1972 à Strasbourg. Il travaille dans la communication, dans l'édition, à la radio. Ses textes sont lus au théâtre, adaptés au cinéma et diffusés sur France Culture. Il a reçu le prix Marguerite Duras pour son roman, Le Pays d'où l'on ne revient jamais.

  • L'amie américaine

    Serge Toubiana

    • Stock
    • 4 Mars 2020

    Raconter l'existence d'Helen Scott, c'est ouvrir le livre du rire et de l'oubli : cette femme que plus personne ne connaît aujourd'hui a marqué son entourage par sa fantaisie, son humour, son intelligence. Son destin fut romanesque, mais elle est demeurée dans l'ombre des artistes qu'elle a accompagnés. Serge Toubiana part sur sa trace, et raconte.
    Les années d'enfance, avec un père journaliste russe, ayant migré aux États-Unis au début du XXe siècle, expédié en URSS pour couvrir les années révolutionnaires, et qui devient agent double. Une adolescence, dans les années 1930, passées dans divers lycées parisiens, où elle fait les quatre cents coups mais apprend le français. Une jeunesse, pendant la guerre à seconder le réseau de la Résistance française. Des convictions communistes, qui la font recruter par un agent soviétique dans les années 1940.
    Et puis, comme une seconde jeunesse, alors qu'elle travaille au French Film Office à New York, la rencontre « coup de foudre » de François Truffaut. Il vient défendre aux États-Unis Les Quatre Cents Coups, qui ont triomphé à Cannes. Débute une amitié fascinante, tendre et torturée, qui durera 25 ans, où Helen Scott devient indispensable (il est « ma truffe », elle est « ma chère Scottie »). Par une intuition, une sensibilité et une gaieté hors du commun, elle fait rayonner toute la génération de la Nouvelle Vague sur les écrans américains - Godard, Resnais et d'autres. Elle participe à la fameuse rencontre entre Truffaut et Hitchcock, à Hollywood, jonglant entre le français et l'anglais, riant aux plaisanteries tout en les traduisant, instaurant une intimité joyeuse entre ces deux géants.
    Serge Toubiana, qui est le biographe de Truffaut, passe de l'autre côté du miroir : ces années d'ébullition artistique, mais aussi d'enjeux de carrière, dans un New York bien différent de celui d'aujourd'hui, donnent à ce récit un cadre captivant. Où la grande Histoire est d'abord une histoire de rencontres.
    Helen Scott repose au Cimetière Montmartre, à quelques mètres de François Truffaut.

  • Le Caméléon

    Philippe Priol

    Né à l'ombre de Versailles en 1780 et filleul de Louis XVI, Alexandre Le Breton des Chapelles est, par nature, aussi insaisissable qu'un caméléon. Si l'Histoire en a conservé la trace, le mystère pèse encore sur ce personnage haut en couleur qui traversa la Révolution et l'Empire, assumant un rôle de premier plan dans le Paris mondain de l'époque. Soldat, instigateur des émeutes de 1832, il fut également champion du monde des échecs et de whist, laissant son nom à ce jeu sous celui de coup "Deschapelles". Par sa flamboyance, acteur majeur de la vie parisienne durant une cinquantaine d'année, il a marqué les esprits de son temps.

  • Le cimarron

    Martin Loreal

    Le Cimarrón retrace la trajectoire de Charles Bedaux, homme d'affaires franco-américain qui a commencé souteneur à Pigalle, avant de devenir la cinquième fortune des Etats-Unis dans les années 20. Chantre de l'organisation scientifique du travail, il servit de modèle à Chaplin pour son film Les Temps Modernes .
    Prêts à tous les défis, il a conduit la Croisière blanche Citroën ou encore organisé le mariage du duc de Windsor dans son château de Touraine, déclaré annexe de l'ambassade américaine au début de la Seconde guerre mondiale.
    Soupconné d'être un espion nazi, américain, français, voire japonais, Charles Bedaux fut inculpé de forfaiture par la Maison-Blanche, puis décoré à titre posthume par le premier gouvernement du générral de Gaulle.
    /> Après avoir côtoyé tous les décisionnaires économiques et politiques du vingtième siècle, il s'est ou on l'a suicidé en 1944 dans une prison de Miami avant son procès pour haute trahison.
    Le mystère reste entier, le FBI interdisant toujours l'accès à son dossier top-secret. A moins qu'il n'ait été exfiltré par Hoover à Cuba, pour services rendus...
    De la Belle Epoque à la crise des missiles soviétiques, le récit allègre de ce Cubain plus que centenaire traverse une bonne partie des événements qui ont secoué la Terre au cours du siècle dernier.

  • Guides touristiques, reportages de mode, publicités pour parfums ou grands magasins exaltent le charme ineffable des femmes de Paris, subtile alchimie d'élégance, d'esprit, de " chien ", et de ce " je-ne-sais-quoi " qui justifie sa réputation.
    D'où vient cette représentation ? Pourquoi s'est-elle ainsi pérennisée, solidifiée, canonisée au fil des siècles ? N'est-elle qu'un cliché paresseux, un mythe duplice, une mystification des élites privilégiées et de la domination masculine ? Ou bien demeure-t-elle un référent vivace, apte à défendre une " certaine idée de la femme " dans un monde de plus en plus globalisé ? Prenant au sérieux les stéréotypes, ce livre a l'ambition de remonter aux sources de ce qui est d'abord et avant tout une construction culturelle, pour analyser son développement, repérer ses usages, interpréter ses fonctions.
    La Parisienne est un mythe – moins futile et moins lisse qu'il n'y paraît. Construit dans la tension entre l'aristocratie et les femmes du peuple, entre Paris et la province, entre l'émancipation des femmes et la domination masculine, il a résisté au temps.
    Ce succès, cette plasticité, cette indéniable capacité de résistance invitent dès lors à aborder " la Parisienne " comme un nœud de significations fécond pour une histoire de l'identité nationale articulée à celle des relations de genre. À travers cette figure essentielle de la " capitale du XIXe siècle ", dans son feuilletage, ses non-dits et sa réversibilité, c'est aussi la modernité qui est ici interrogée.
    Née en 1967, ancienne élève de l'ENS Ulm-Sèvres, agrégée et docteure en histoire, Emmanuelle Retaillaud est maîtresse de conférence à l'université François-Rabelais de Tours (IUT). Ses travaux portent sur l'histoire sociale et culturelle de la France contemporaine (historie des drogues, histoire des milieux artistiques et littéraires, histoire de l'homosexualité et du lesbianisme).

  • " Voie royale " ou " voie de gloire ", les Champs-Élysées sont l'objet de fantasmes qui les dépeignent depuis des siècles en avenue du luxe mondial, du plaisir et du pouvoir. En réalité, c'est un espace contesté, traversé par une forte conflictualité politique et sociale. La " prise " des Champs par les Gilets jaunes, de samedi en samedi, l'a plus que jamais révélé.
    Face aux superlatifs et à la cohorte de noms prestigieux qui dessinent une véritable mythologie, ce livre invite à déplacer le regard et à en explorer les coulisses, à contrechamp : la pauvreté et la précarité au coeur de l'opulence, le travail invisible, jusque dans l'intimité des palaces, les arrière-salles et les scandales du Fouquet's, jusqu'à son pillage.
    Recherche inédite à l'appui, fondée sur des archives foisonnantes et de nombreux entretiens, il plonge dans l'ambiguïté et la tension singulière des Champs-Élysées : avenue aristocratique et populaire, luxueuse et déviante, ostentatoire dans ses habits d'apparat, mais mise à nu parfois dans les moments de révolte et d'insurrection.
    Les Champs sont un concentré de richesses, de démesure et d'inégalités. Mais aussi un lieu intensément politique, comme une métaphore du monde tel qu'il est et tel qu'il est disputé, attaqué, refusé. " La plus belle avenue du monde " serait-elle aussi la plus rebelle ?

  • La Bièvre représente aujourd'hui le plus parfait symbole de la misère féminine exploitée par une grande ville.
    Née dans l'étang de Saint-Quentin, près de Trappes, elle court, fluette, dans la vallée qui porte son nom, et mythologiquement, on se la figure, incarnée en une fillette à peine pubère, en une naïade toute petite, jouant encore à la poupée, sous des saules.
    Comme bien des filles de la campagne, la Bièvre est, dès son arrivée à Paris, tombée dans l'affût industriel des racoleurs ; spoliée de ses vêtements d'herbes et de ses parures d'arbres, elle a dû aussitôt se mettre à l'ouvrage et s'épuiser aux horribles tâches qu'on exigeait d'elle.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • La chute

    Jacques Ravenne

    • Perrin
    • 16 Janvier 2020


    Le crépuscule et la chute de l'"incorruptible"

    Juillet 1794. Thermidor an II. Idole encensée du club des Jacobins, orateur acclamé de la Convention, inspirateur du redoutable Comité de salut public, Robespierre est à l'apogée de son pouvoir. En deux ans, il a tout conquis ; en trois jours, il va tout perdre.
    Avec tout le talent narratif qui l'a rendu célèbre, Jacques Ravenne raconte la chute d'un homme et la fin d'un régime dans un récit à suspense où, à chaque page, la réalité dépasse la fiction.
    Le roman vrai du crépuscule de la révolution.

  • Quand on y réfléchit - et, à Paris, c´est une chose qu´on sait faire - ce ne sont pas les sujets d´inquiétude qui manquent dans la Ville lumière. Ni même les véritables phobies. Que ceux qui n´ont jamais suffoquéà l´approche menaçante d´un pigeon ou à la vue d´une répugnante colonie de blattes lèvent le doigt.

    Mais, par un miraculeux équilibre, la capitale offre autant de remèdes qu´elle suscite de troubles : à chaque névrose, sa cure salvatrice. Dans les pages précieuses de ce guide attendu par tous les phobiques (et tous ceux qui comptent le devenir), l´auteur décrit avec soin tout ce qui fait peur à Paris et tout ce qui guérit de la peur. L´acrophobe (peur extrême des hauteurs), se soignera ainsi par innoculation progressive du stress en gravissant d´abord la Butte aux Cailles (61 mètres), puis Montsouris (78 mètres), puis les Buttes-Chaumont... L´apopathodiaphulatophobe (angoisse de la constipation) absorbera avec profit les raviolis chinois de l´avenue de Choisy, les hamburgers congelés-décongelés-recongelés du Quartier latin, les currys du passage Brady... et leur feu d´artifice de bactéries dysentriques. Il ne négligera pas non plus les nourritures de l´esprit et les vrais lavements que promettent le théâtre subventionné et les films d´auteur. L´arénaphobe (peur du sable) dirigera courageusement ses pas vers Paris Plages pour croquer à belles dents dans un sandwich thérapeutique dont il appréciera la texture croustillante à base de grains de sable craquant sous la dent...

  • Quand on ne désignait pas encore Paris comme la capitale des plaisirs, c´était pour la peindre en cité du vice ; en d´autres termes, le sexe et la ville ont de tous temps eu partie liée, le premier se coulant dans la seconde pour dessiner sa propre carte... qui ne fut pas toujours celle du tendre.

    C´est de préférence au centre que la chair prend ses quartiers, en dépit des efforts renouvelés pour en reléguer le commerce et les pratiques en périphérie. Les bordels du Moyen Âge s´épanouissent entre le palais royal de la Cité et Notre-Dame, le plus fameux lupanar du XVIIIe siècle est établi à proximité des Halles tandis que lorettes, lionnes et cocottes de la Belle Époque prospèrent dans les lieux à la mode. Autour de ces points d´ancrage, étuves, boudoirs, galeries, petites maisons, salons, théâtres et jardins s´offrent aux empressés comme à ceux qui aiment faire durer le plaisir, vénal ou non.

    L´histoire est rythmée par les phases répressives et les périodes plus conciliantes en même temps qu´elle s´avère diversement sensible à la température des moeurs. Telle chronique galante nourrira la légende d´un souverain tandis que les dépravations d´une aristocratie en fin de course contribueront à mettre le feu aux poudres. Les soupirs s´échappant des alcôves font parfois monter les grondements de la rue.

    La ville du pouvoir et des révolutions, la ville du nombre et des lettres, la ville de la mode et des salons excite les désirs ; les innombrables cours que ceux-ci empruntent orientent à leur tour le déroulement de la comédie urbaine. Comme si les petites vertus façonnaient la grande histoire, comme si, au fil des siècles, ribaudes, catins, mignons, libertins, grandes horizontales, érotomanes, chasseurs et séductrices s´étaient relayés pour en décrire les soubresauts.

  • Tout juste débarqués de New York, Scottie et sa soeur Swan n'ont qu'une idée en tête: intégrer les Beaux-Arts de Paris. Guidés dans la Capitale par leur cousin Edgar Degas, ils rencontrent Ingres, Manet, Fantin Latour... et découvrent que le Louvre fourmille de rapins qui copient les grands maîtres. Mais quel est le prix à payer pour intégrer ce monde en pleine effervescence? De l'enthousiasme de la découverte aux premières désillusions, la passion de l'art va façonner leur destin.

  • Le chanteur espagnol

    Néjib

    Swan et son frère Scottie ont enfin intégré les Beaux-Arts de Paris. Mais leur vie d'étudiante s'avère plus compliquée que prévu: Scottie ne reçoit que des critiques acerbes de ses professeurs quand sa soeur, désormais travestie en homme, excelle en tout point. Son talent lui vaut même d'être pressentie pour le Prix de Rome et suscite une jalousie mauvaise chez ses camarades... Parviendra-t-elle à déjouer les pièges qui lui sont tendus? Entre rivalités et coups du sort, le destin des Manderley semble plus incertain que jamais.

  • "Je connais bien la question algérienne. Je connais bien la police. Je ne veux pas être désobligeant avec vous, mais il y a des choses qui vous dépassent. L'intérêt supérieur du pays nécessite souvent que l'on passe certains événements, certaines personnes, par pertes et profits".

    Automne 1959. L'élimination d'un avocat algérien lié au FLN tourne au carnage. Toute sa famille est décimée.
    Antoine Carrega, ancien résistant corse qui a ses entrées dans le Milieu, Sirius Volkstrom, ancien collabo devenu exécuteur des basses oeuvres du Préfet Papon, et Luc Blanchard, jeune flic naïf, sont à la recherche de l'assassin.
    Une chasse à l'homme qui va mener ces trois individus aux convictions et aux intérêts radicalement opposés à se croiser et, bien malgré eux, à joindre leurs forces dans cette traque dont les enjeux profonds les dépassent.

  • Au cours de l'été 1957, Hemingway commença à travailler sur les 'Vignettes parisiennes', comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l'été 59, puis à Paris, à l'automne de cette même année. Le livre, qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964.
    Pendant les trois années, ou presque, qui s'écoulent entre la mort de l'auteur et la première publication, le manuscrit subit d'importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd'hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu'il était au moment de la mort de l'écrivain en 1961.
    Ainsi, 'Le poisson-pilote et les riches', l'un des textes les plus personnels et intéressants, retrouve ici ces passages, supprimés par les premiers éditeurs, dans lesquels Hemingway assume la responsabilité d'une rupture amoureuse, exprime ses remords ou encore parle de 'l'incroyable bonheur' qu'il connut avec Pauline, sa deuxième épouse. Quant à 'Nada y pues nada', autre texte inédit et capital, écrit en trois jours en 1961, il est le reflet de l'état d'esprit de l'écrivain au moment de la rédaction, trois semaines seulement avant une tentative de suicide. Hemingway y déclare qu'il était né pour écrire, qu'il 'avait écrit et qu'il écrirait encore'...

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