Sélection littérature française

Lus et élus par nos libraires, une sélection de romans français à offrir... ou à garder pour soi !

  • Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l'intérieur », Leïla Slimani n'aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d'une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d'art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?Autour de cette « impossibilité » d'un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d'elle, de l'enfermement, du mouvement, du voyage, de l'intimité, de l'identité, de l'entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s'enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.C'est une confession discrète, où l'auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c'est une confession pudique, qui n'appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c'est jouer avec le silence, c'est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».    C'est aussi un livre, intense, éclairé de l'intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l'urgence d'en jouir, la splendeur de l'éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c'est ça aussi, sans doute, c'est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l'auteure, réveillée et consciente, sort de l'édifice comme d'un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre. 

  • La brûlure

    Christophe Bataille

    • Grasset
    • 13 Janvier 2021

    «  Tu te souviens  ? Cet été-là si chaud, on le sentait à nos pieds sur les carreaux devant la prairie, à tes jambes campées, fines et transpirantes. Depuis octobre tout était doux. Pas d'automne, pas d'hiver, et ce vent tiède comme dans les contes...  » En cette fin d'été, un homme grimpe à trente mètres, dans un hêtre qui domine la campagne. Il est élagueur, puissant et concentré. Là-haut, il observe les plaines, la tour de la cathédrale, son enfance aussi.
    Mais un ennemi l'attend, qu'il n'avait jamais rencontré  : des frelons par milliers, nouveaux venus en cette saison interminable. Dans sa descente vers la terre où l'attend son équipe, terrifiée, il est piqué plus de cent fois et tombe dans la douleur...
    La brûlure est le roman de cette chute et de cette traversée, racontées tour à tour par l'homme et la femme - rencontrée vingt ans avant, qui le soigne, l'attend, et ne cesse de l'aimer en images, souvenirs et gestes.
    Dans une langue somptueuse et tendre, Christophe Bataille dit la souffrance et le retour à la vie. C'est un conte mais aussi notre condition nouvelle  : les prairies et les arbres sont brûlés par le soleil, la femme aimée contemple comme nous ce paysage. La voix du grimpeur d'arbre, qui a survécu et vit près de Bourges, clôt magnifiquement ce livre - car toute fiction a sa cause, offrant ici un diptyque audacieux.

  • «  Bien que lecteur et joueur de balles assidu dès mon plus jeune âge, j'ai fini par découvrir que le jeu d'échecs surpassait tous les autres en raison du pouvoir qu'il a de nous plonger au plus profond du rêve. Dans ce livre, je raconte comment, dans ma jeunesse, après avoir échappé de justesse au danger de l'enfermement mental qu'il peut aussi induire, j'ai fini par apprendre à m'en servir comme d'un moyen très sûr de traverser les périodes difficiles de l'existence, ce qui m'a été d'un secours providentiel.
    Outre ce pouvoir d'évasion, j'essaie de montrer dans ce livre en quoi la compétition échiquéenne constitue tout à la fois une excellente école de circonspection dans nos jugements, une pierre de touche de l'exactitude de nos raisonnements, et une précieuse ouverture sur la connaissance de soi-même.
    Chemin faisant, j'en profite pour brosser les portraits de divers joueurs passionnés dont les éventuelles prouesses intellectuelles - du moins dans le cas des meilleurs - s'allient à des manies hautement excentriques, offrant ainsi un spectacle baroque où l'aspect comique le dispute au pathétique.
    Enfin, j'essaie de mener une réflexion sur la fonction sociale du jeu, dont il me semble qu'elle pourrait nous montrer la voie d'une convivialité nettement plus enviable et chaleureuse que celle qui nous est proposée par l'esprit résolument utilitariste et planificateur qui a commencé de désenchanter le monde d'aujourd'hui.  »

  • New York, dans les années 1900. Une jeune fille, que passionnent les livres rares, se joue du destin et gravit tous les échelons. Elle devient la directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J.P. Morgan et la coqueluche de l'aristocratie internationale, sous le faux nom de Belle da Costa Greene. Belle Greene pour les intimes.
    En vérité, elle triche sur tout.
    Car la f lamboyante collectionneuse qui fait tourner les têtes et règne sur le monde des bibliophiles cache un terrible secret, dans une Amérique violemment raciste. Bien qu'elle paraisse blanche, elle est en réalité afro-américaine. Et, de surcroît, fille d'un célèbre activiste noir qui voit sa volonté de cacher ses origines comme une trahison.
    C'est ce drame d'un être écartelé entre son histoire et son choix d'appartenir à la société qui opprime son peuple que raconte Alexandra Lapierre. Fruit de trois années d'enquête, ce roman retrace les victoires et les déchirements d'une femme pleine de vie, aussi libre que déterminée, dont les stupéfiantes audaces font écho aux combats d'aujourd'hui.

  • Elle, petite fille aux origines modestes. Envie de vivre plus forte que la mort. 
    Elle, adolescente aux rêves de prince charmant. Bal des illusions perdues. 
    Elle, femme libre, jalousée, traquée. Sacrifiée pour enterrer le passé. 
    Il revient au fils de découvrir les secrets de famille. Histoires de haine et d'amour. 
    Elle, la mère. 

  • Comprenant qu'elle était loin d'être la seule à avoir connu une enfance et une adolescence saccagées, Sophie Chauveau a enquêté pour dresser l'inventaire des victimes et des bourreaux de sa famille. La dynastie de pervers, qui commence avec le dépeceur du Jardin des Plantes pendant le siège de Paris, se poursuit sur trois générations.
    Unique par l'ampleur de ce qu'il dévoile, son témoignage sur l'inceste est d'une force inouïe.
    Voici le roman monstrueux d'une famille hors normes.

  • Lunch-box

    Emilie de Turckheim

    ' La lunch-box est une bête pleine d'appétit. Elle grogne, elle n'en a jamais assez. Elle provoque chez la mère une pulsion de remplissage. Tout le vertige vient de la forme de la lunch-box : n'oublions pas que c'est une valise. C'est chaque matin la répétition du grand départ. La mère regarde son enfant s'éloigner de la maison et elle espère qu'il ne lui manquera rien. Ni pain ni amour. '

    Dans la ville rêvée de Zion Heights, sur la baie du détroit de Long Island, un petit monde gravite autour de l'école bilingue : les mères délurées organisent des garden-parties, les pères, souvent absents, suivent de loin les affaires de la vie courante, les couples se font et se défont tandis que les enfants préparent le spectacle de fin d'année. Tous ont pour coqueluche Sarah, la professeur de chant, célèbre pour ses comédies musicales extravagantes. Jusqu'au jour où, par accident, elle bouleversera leurs vies et la sienne, à jamais.
    Ce roman lumineux, où l'émotion affleure à chaque page, explore la manière dont chacun, témoin, victime ou coupable, surmonte l'irrémédiable.

  • Née en Roumanie, dans une société raciste et meurtrie par la dictature, Nili n'a jamais connu son père, un étudiant congolais disparu après sa naissance. Surmontant au fil des ans sa honte d'être une enfant métisse, Nili décide de fuir à Paris où elle entend, un jour, dans la rue, le nom de son père : Makasi. Ce sera le point de départ d'un long voyage vers Kinshasa, à la recherche de ses racines africaines. Elle y rencontrera l'amour, le combat politique, la guerre civile et la mort. Et en gardera un fils, auquel s'adresse cette vibrante histoire d'exil intérieur, de déracinement et de résurrection.Écrit d'une plume flamboyante, à la fois poétique, intense, épique et musicale, au carrefour des traditions balkaniques et africaines, ce premier roman sur la quête des origines bouleverse par sa profondeur et sa beauté.

  • Presqu'îles

    Yan Lespoux

    • Agullo
    • 21 Janvier 2021

    " Le premier noyé de la saison, c'est un peu comme l'ouverture de la cabane à chichis, la première grosse pousse de cèpes ou la première gelée : ça rythme l'année. " Un premier recueil de nouvelles chez Agullo, pour inaugurer notre nouvelle collection petit format, Agullo Court. Une balade souvent très drôle dans le Médoc des Landes, territoire sauvage et méconnu.
    Préface d'Hervé Le Corre : " On pourrait passer en revue toutes les histoires de ce recueil tant elles collent à la mémoire, comme la résine aux doigts avec cette odeur forte. Yan Lespoux écrit sans lyrisme, sans pathos, au plus près de son sujet. "
    Un coin secret de champignons. Un tracteur en boîte de nuit. Une vierge phosphorescente. Un concert fantôme. Des chemins de sable qui serpentent entre les pins jusqu'à l'océan.
    L'envie de partir et le besoin de rester...
    Presqu'îles, ce sont des tranches de vie saisies au vol, tour à tour tragiques ou cocasses qui, à travers les portraits de personnages attachés de gré ou de force à un lieu, les landes du Médoc, parlent de la vie telle qu'elle est, que ce soit là ou ailleurs. Au fur et à mesure que ces textes courts se répondent et s'assemblent, un monde prend forme. Celui de celles et de ceux dont on ne parle pas forcément, que l'on ne voit pas toujours.
    Sans pathos, au plus près de son sujet, Yan Lespoux dessine un archipel de solitudes qui touche à l'universel.

  • Celso a tout pour prétendre être un homme heureux et accompli. Cet élégant chroniqueur littéraire profite de la douceur de Rome et de la tendresse d'Antonia, épousée trente ans plus tôt, pour panser les plaies d'une passion dévastatrice.
    Mais un jour il reçoit un message. Elena - celle-là même qu'il a eu tant de mal à oublier - l'informe qu'elle sera bientôt de passage et qu'elle aimerait prendre un café avec lui.
    Douze jours, voici le temps qui lui reste. Pour comprendre pourquoi il sentait si vivant au côté de celle qui l'aurait à coup sûr empêché d'être jamais heureux et accompli.
    Douze jours pour savoir s'il est prêt à tout risquer pour revivre ce frisson, come prima.
    Entre drame et comédie, porté par une écriture aussi pleine de grâce que de flèches, le roman met à nu un antihéros profondément attachant. « Celso, c'est moi, dit Sophie Simon. Sa lâcheté, ses angoisses et ses doutes sont les miens. » Mais c'est aussi la combinaison de figures italiennes, le Zeno de Svevo, Mastroianni, Gassman, Sordi, des hommes superbes et risibles, qui ont accompagné l'auteure durant l'écriture de Come prima, comme dans sa vie.
    Sophie Simon vit à Paris. Elle a déjà publié deux romans et un recueil de nouvelles aux éditions Lattès, ainsi que Deux coeurs légers aux éditions Anne Carrière.

  • Le dernier enfant

    Philippe Besson

    " Elle le détaille tandis qu'il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d'une beauté qui continue de l'époustoufler, de la gonfler d'orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu'elle s'était juré de se l'interdire, qu'elle s'était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu'elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c'est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c'est le dernier matin. "Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d'une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l'horizon inconnu qui s'ouvre devant elle.

  • Milos vit sa jeunesse, ses études de paléontologie et ses amours à Antibes, sous l'emprise de deux peintres mythiques, Pablo Picasso et Nicolas de Staël, réunis au musée Picasso, dans le château érigé face à la Méditerranée.

    Picasso a connu à Antibes des moments paradisiaques avec la jeune Françoise Gilot, alors que Nicolas de Staël se suicidera en sautant de la terrasse de son atelier, à deux pas du musée. Ces deux destins opposés - la tragédie précoce d'un côté, la longévité triomphante de l'autre - obsèdent Milos. Le jeune homme possède un regard envoûtant, d'un bleu mystérieux, quasi surnaturel, le contraire du regard fulgurant et dominateur de Picasso. Les yeux de Milos vont lui valoir l'amour des femmes et leur haine.

    Le nouveau roman de Patrick Grainville est l'aventure d'un regard, de ses dévoilements hallucinants, de ses masques, de ses aveuglements. C'est le destin d'un jeune paléontologue passionné par la question de l'origine de l'homme. Milos, l'amant ambivalent, poursuit sa quête du bonheur à Antibes, à Paris, en Namibie, toujours dans le miroir fastueux et fatal de Pablo Picasso et de Nicolas de Staël.

  • Une partie de campagne. Le sexe et la peinture. L'origine du monde et l'Empire des sens. Berthe et Eugène son mari se retirent dans une demeure champêtre pour profiter des lumières de l'été. Berthe, c'est Berthe Morisot, peintre et membre du groupe des « Impressionnistes » ; Eugène, c'est le frère d'Édouard Manet.

    Dans la torpeur de la nuit estivale, ces grands bourgeois intimidés basculent dans la volupté des corps emmêlés.

    Dans ce roman formant un diptyque avec Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Mika Biermann confond allègrement mots et couleurs, phrases et perspectives, écriture et peinture. De ces pages, comme d'autant de toiles, surgissent haut en couleur des méditations corrosives sur la chair comme matière à peindre.

    Mika Biermann est un des écrivains les plus toniques de la littérature française contemporaine. Il publie chez Anacharsis (Trois jours dans la vie de Paul Cézanne, Un Blanc, Booming, Roi.) et chez P.O.L.

  • En novembre 2017, Raphaël Krafft part en reportage à la frontière franco-italienne au niveau du col de l'Échelle. Il accompagne un habitant de la région parti en maraude à la rencontre d'éventuels migrants venus d'Italie, perdus dans la montagne au milieu de la nuit. Les premières neiges viennent de tomber. Ce soir-là, ils découvrent cachés dans un bosquet, transis de froid, quatre mineurs tous originaires d'Afrique de l'Ouest. Alors qu'ils les emmènent en voiture dans un lieu dédié à l'accueil des personnes migrantes, la gendarmerie les arrête avant d'abandonner les quatre adolescents dans la montagne au niveau de la borne frontière. Trois d'entre eux sont guinéens, comme la majorité des jeunes migrants qui passent par ce col.
    Marqué par cette expérience, Raphaël Krafft se lie d'amitié avec les habitants du village de Névache situé juste en dessous du col et propose aux enfants de l'école communale de partir pour eux en Guinée réaliser des reportages et les aider ainsi à comprendre pourquoi tant et tant de jeunes décident de quitter leur foyer. Là-bas, il découvre un pays démuni, marqué par des années de dictature.

  • Auteur star, Raphaëlle Giordano revient chez Plon avec un roman réjouissant. Après le best-seller Cupidon a des ailes en carton, l'auteur du phénomène Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une surprend et séduit une nouvelle fois. Au meilleur d'elle-même." Je m'appelle Basile. J'ai commencé ma vie en montrant ma lune. Est-ce pour cela que j'ai toujours eu l'impression de venir d'une autre planète ? Je n'ai pourtant pas compris tout de suite de quel bois j'étais fait. Peut-être plus un bois de Gepetto que de meuble Ikea."
    Basile, inventeur, agitateur de neurones au génie décalé, nous embarque dans un univers poético-artistique qui chatouille l'esprit et le sort des chemins étriqués du conformisme. De retour à Mont-Venus, il décide d'ouvrir un commerce du troisième type : une boutique d'objets provocateurs. D'émotions, de sensations, de réflexion. Une boutique " comportementaliste ", des créations qui titillent l'imagination, la créativité, et poussent l'esprit à s'éveiller à un mode de pensée plus audacieux ! Le nom de ce lieu pas comme les autres ? Le Bazar du zèbre à pois.
    Giulia, talentueux " nez ", n'en est pas moins désabusée de cantonner son talent à la conception de produits d'hygiène. Elle rêve de sortir le parfum de ses ornières de simple " sent-bon " et de retrouver un supplément d'âme à son métier.
    Arthur, son fils, ado rebelle, fâché avec le système, a, lui, pour seul exutoire, ses créations à ciel ouvert. Il a le street art pour faire entendre sa voix, en se demandant bien quelle pourra être sa voie dans ce monde qui n'a pas l'air de vouloir lui faire une place.
    Trois atypiques, trois électrons libres dans l'âme. Quand leurs trajectoires vont se croiser, l'ordre des choses en sera à jamais bousculé. C'est à ça que l'on reconnaît les "rencontres-silex". Elles font des étincelles... Le champ des possibles s'ouvre et les horizons s'élargissent.
    Comme dans un système de co-création, ils vont "s'émulsionner les uns les autres" pour s'inventer un chemin, plus libre, plus ouvert, plus heureux....
    Louise Morteuil, elle, est rédactrice en chef du Journal de la Ville et directrice de l'association Civilissime. Elle se fait une haute idée du rôle qu'elle doit jouer pour porter les valeurs auxquelles elle croit : Cadre, Culture, Civisme... Choc des univers. Forte de ses convictions en faveur du bien commun, elle se fait un devoir de mettre des bâtons dans les roues du Bazar du zèbre à pois...
    Une galerie de personnages passionnés, sensibles et truculents, des embûches et surprises, des objets aussi magiques que poétiques, de l'adversité et de l'amour, l'art de se détacher des entraves par l'audace, de se libérer de la peur en osant... Le nouveau roman de Raphaëlle Giordano donne l'envie de mettre plus de vie dans sa vie et de s'approprier la philosophie phare et novatrice du zèbre : " l'audacité ".

  • Le passeur

    Stéphanie Coste

    Quand on a fait, comme le dit Seyoum avec cynisme, ' de l'espoir son fonds de commerce ', qu'on est devenu l'un des plus gros passeurs de la côte libyenne, et qu'on a le cerveau dévoré par le khat et l'alcool, est-on encore capable d'humanité ?
    C'est toute la question qui se pose lorsque arrive un énième convoi rempli de candidats désespérés à la traversée. Avec ce convoi particulier remonte soudain tout son passé : sa famille détruite par la dictature en Érythrée, l'embrigadement forcé dans le camp de Sawa, les scènes de torture, la fuite, l'emprisonnement, son amour perdu...
    À travers les destins croisés de ces migrants et de leur bourreau, Stéphanie Coste dresse une grande fresque de l'histoire d'un continent meurtri. Son écriture d'une force inouïe, taillée à la serpe, dans un rythme haletant nous entraîne au plus profond de la folie des hommes.

  • C'est l'histoire d'un homme qui vient d'avoir 82 ans. Déjà ?
    Jadis, il était toujours pressé, il régnait sur le monde de la culture et il se sentait invincible. Aujourd'hui, à la retraite, c'est plus calme : les défaillances du corps, les anxiétés de l'âme, la peur de perdre ses vieux amis qui forment une bande de joyeux octogénaires. Une autre vie commence. Avec le plaisir de pouvoir enfin prendre son temps et le perdre.

    À travers ce narrateur qui lui ressemble comme deux gouttes de vieux bourgogne, Bernard Pivot raconte le grand âge à sa façon. Curiosité, lucidité, humour, c'est bien lui.
    Et c'est bien sa manière de proposer une petite leçon de gouvernance individuelle où chacun trouvera quelques recettes pour vieillir heureux.

  • « On raconte que les mourants revoient dans les derniers instants leur vie entière, en commençant par la fin. C'est ainsi que je vais vous raconter celle de Guillaume Apollinaire, des hasards de la maladie aux hasards de l'origine : une fin, comme un commencement, pris dans le mystère. »Prenant le contrepied des biographies, François Sureau a choisi de remonter le cours de la vie d'Apollinaire, pour mieux s'approcher de ce qui a hanté de manière permanente l'existence de Guillaume : la mort, la vie, la guerre, les femmes, la France, l'étranger.Ce n'est pas tant le destin du poète qui importe à François Sureau, que l'acuité avec laquelle il a perçu le monde dans lequel il vivait et la retranscription unique qu'il en a livré dans son oeuvre. Ma vie avec Apollinaire montre combien elle résonne encore, intacte, un siècle après que la grippe espagnole a emporté l'écrivain.

  • Vivonne

    Jérôme Leroy

    Alors qu'un typhon dévaste l'Île-de-France, l'éditeur Alexandre Garnier contemple le cataclysme meurtrier depuis son bureau, rue de l'Odéon : une rivière de boue coule sous ses fenêtres, des rats surgissent des égouts. Le passé aussi remonte à la surface. Devant ce spectacle de fin du monde, Garnier se souvient de sa jeunesse et surtout de son ami, le poète Adrien Vivonne, auteur entre autres de Danser dans les ruines en évitant les balles. Garnier a publié ses livres avant que celui-ci ne disparaisse mystérieusement en 2008, il y a presque vingt ans.
    Qu'est devenu Vivonne ? Partout en Europe, la « balkanisation climatique » sévit et les milices s'affrontent tandis que la multiplication des cyberattaques fait craindre une Grande Panne. Lancé à la poursuite de Vivonne, Garnier essaie de le retrouver avant que tout ne s'effondre. Est-il possible, comme semblent le croire de plus en plus de lecteurs dans le chaos ambiant, que Vivonne ait trouvé un passage vers un monde plus apaisé et que la solution soit au coeur de ses poèmes ?
    Né en 1964 à Rouen, Jérôme Leroy est l'auteur de plus de vingt romans, recueils de nouvelles et de poésie, parmi lesquels Le Bloc (Prix Michel Lebrun 2012) et L'Ange gardien (Prix Quai du Polar 2015) en Série Noire. Il a publié à La Table Ronde Un dernier verre en Atlantide (2010), Jugan (2015), Un peu tard dans la saison (2017) et Nager vers la Norvège (2019). Les Jours d'après (2015), Monnaie bleue (2009), Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine (2017), La Minute prescrite pour l'assaut (2017) et Le Cimetière des plaisirs (2019) ont paru dans la collection La Petite Vermillon.

  • ' Lorsque j'ai rencontré Ehlmann, il était debout sur le bord de la route, sa voiture garée en catastrophe sur la bande d'arrêt d'urgence, feux de détresse allumés. J'ai vu qu'il souriait, que tout son visage était tordu de larmes et de rires à la fois, j'ai pensé qu'il était fou. '
    Avec Les orages, Sylvain Prudhomme explore ces moments où un être vacille, où tout à coup il est à nu. Heures de vérité. Bouleversements parfois infimes, presque invisibles du dehors. Tourmentes après lesquelles reviennent le calme, le soleil, la lumière.

  • « Demain, gare de Lyon, départ à 9h37. T'es contente ? Je ne savais pas si j'étais contente ou pas. Je trouvais que tout allait trop vite. Je ne pourrais dire au revoir à personne, ne pourrais me réjouir quelques jours auparavant à l'idée du départ. Pourtant, j'ai répondu Oui. Parce que je sentais, peut-être pour la première fois, que ma mère n'était pas prête à écouter mes états d'âme. Papa, il est au courant ? Laisse ton père où il est. Il verrait d'un mauvais oeil que je te fasse rater les derniers jours de classe. Il me ferait la morale, et la morale, je n'aime pas ça. »

    Cet été-là, Agathe le passe échouée sur une plage de la Côte d'Azur au côté d'une mère dont la folle excentricité l'inquiète. Cette dernière la presse de grandir vite et la petite fille devine qu'elle a quelque chose d'urgent à lui dire. Mais quoi ? Emportée dans le sillage de cette mère-poisson, ce n'est que des années plus tard, en déroulant le souvenir à vif de ces jours pleins de bruit et de fureur, qu'elle le découvrira enfin.

  • Un matin, tout lâche pour Clara, jeune femme compétente, efficace, investie dans la société de crédit qui l'emploie. Elle ne retournera pas travailler. Amis, amours, famille, collègues, tout se délite. Des semaines, des mois de solitude, de vide, s'ouvrent devant elle.
    Pour relancer le cours de sa vie, il lui faudra des ruptures, de l'amitié, et aussi remonter à la source vive de l'enfance.
    Ce matin-là, c'est une mosaïque qui se dévoile, l'histoire simple d'une vie qui a perdu son unité, son allant, son élan, et qui cherche comment être enfin à sa juste place.
    Qui ne s'est senti, un jour, tenté d'abandonner la course ?
    Une histoire minuscule et universelle, qui interroge chacun de nous sur nos choix, nos désirs, et sur la façon dont il nous faut parfois réinventer nos vies pour pouvoir continuer.
    Gaëlle Josse saisit ici avec la plus grande acuité de fragiles instants sur le fil de l'existence, au plus près des sensations et des émotions d'une vie qui pourrait aussi être la nôtre.
    Venue à l'écriture par la poésie, Gaëlle Josse publie ses trois premiers romans aux éditions Autrement. Récompensés par plusieurs prix littéraires, ils sont aujourd'hui étudiés dans de nombreux lycées. Chez Notabilia, Le Dernier Gardien d'Ellis Island (2014) est un grand succès public et critique : il remporte, entre autres, le prix de Littérature de l'Union européenne. Une longue impatience (Notabilia, 2018) est lauréat du prix du public du Salon de Genève ainsi que du prix Simenon et du prix Exbrayat. Une femme en contre-jour (Notabilia, 2019) reçoit le prix des lecteurs Terres de Paroles 2020. Plusieurs de ses romans sont traduits.

  • Ici-bas

    Pierre Guerci

    Deux fratries issues d'un même père l'accompagnent dans ses derniers instants. À travers les yeux du fils cadet, trentenaire dont la quête de reconnaissance ne rencontre que les silences du vieillard, les rivalités familiales resurgissent. Sur le fil d'un présent hanté par les souvenirs de jours meilleurs, les regards sur le vieil homme malade et sur la mort elle-même s'entrecroisent dans un espace où le temps, bien que ralenti à l'extrême, s'écoule inexorablement. Mais comment éprouver cet écoulement ? Et que faire de la vieillesse, quand règne partout l'urgence de vivre ?

  • Serge

    Yasmina Reza

    « Chez ma mère, sur sa table de chevet, il y avait une photo de nous trois rigolant enchevêtrés l'un sur l'autre dans une brouette. C'est comme si on nous avait poussés dedans à une vitesse vertigineuse et qu'on nous avait versés dans le temps. »

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