Fatou Diomé

  • « Pour qui ne craint pas la noyade, la lune n'est jamais loin. Elle se reflète dans toutes les eaux, flotte entre toutes les paupières. N'est-ce pas son éclat qui fait briller les yeux des amants et leur donne le pouvoir ensorceleur ? »
    À partir de simples instants de vie, Fatou Diome scrute les comportements et sonde les coeurs d'une galerie de personnages rêvés ou croisés : qu'ils aient le coeur en berne ou comblé, tous savent, au fond, que l'amour est la grande affaire de nos vies.Vingt ans après La Préférence nationale, Fatou Diome renoue avec la nouvelle, genre dans lequel elle excelle, et nous démontre, avec brio et malice, que « chercher le bonheur c'est oser le vertige ».

  • Nul ne s'aventure sans appréhension à Sangomar, ce bout de terre inhabitée où, dans la tradition animiste sérère, se rassemblent les djinns et les âmes des défunts. Sur l'île voisine, la jeune Coumba entame un long veuvage, recluse chez sa belle-mère. Elle vient de perdre son mari dans le naufrage du Joola, en 2002, au large du Sénégal.Dès la nuit tombée, après le cortège des prières rituelles et des visites obligées, Coumba peut enfin faire face à son chagrin, consigner les souvenirs heureux, invoquer les morts. Alors, sa chambre s'ouvre grand aux veilleurs de Sangomar, esprits des ancêtres et des naufragés qui lui racontent leur destin et la mèneront à la rencontre de son « immortel aimé ». Un grand roman de liberté et d'amour fou, porté par le souffle ensorcelant de Fatou Diome.

  • Salie est invitée à dîner chez des amis. Une invitation apparemment anodine mais qui la plonge dans la plus grande angoisse. Pourquoi est-ce si « impossible » pour elle d'aller chez les autres, de répondre aux questions sur sa vie, sur ses parents ? Pour

  • Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l´Europe, ne comptaient plus leurs printemps ; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l´absence.
    Coumba et Daba, jeunes épouses des deux émigrés, humaient leurs premières roses : assoiffées d´amour, d´avenir et de modernité, elles s´étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix.
    La vie n´attend pas les absents : les amours varient, les secrets de famille affleurent, les petites et grandes trahisons alimentent la chronique sociale et déterminent la nature des retrouvailles. Le visage qu´on retrouve n´est pas forcément celui qu´on attendait...

  • Inassouvies, nos vies « Elle s'interrogeait : qu'est-ce qui différencie ou caractérise ces cubes, ces carrés, ces rectangles, ces losanges, ces cavités, toutes ces innombrables fantaisies architecturales réunies sous le vocable habitations ? En dehors de leur forme, qu'est-ce qui en fait des demeures et non des sépultures ? Vivre, ça couvre quelle superficie ? Quel sens donne-t-on à ce verbe, au point de lui réserver des lieux ? Les bureaux et les usines seraient-ils des lieux de mort ? Et puis, parce que vivre c'est survivre à quelqu'un ou à quelque chose, à qui, à quoi renonçons-nous, humblement défaits ou dignement amputés, mais toujours inassouvis ? Betty avait pris sa décision : elle saurait quelles existences se cachaient derrière les fenêtres d'en face. L'obsession était née et installée en elle. Elle ne fit rien pour s'en distraire, au contraire, elle l'entretenait, comme un feu de bois par mauvais temps, minutieusement, patiemment. Elle allait s'imbiber de la vie des autres, ignorant qu'elle y serait bientôt engloutie. »

  • «Face aux attaques racistes, sexistes, islamophobes, antisémites, Marianne mérite mieux qu'une lâche résignation. Ne laissons pas les loups dévorer les agneaux au nom de l'identité nationale. Marianne porte plainte !»

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