Bibliothèque malgache

  • Cette histoire d'un jeune mythomane (ou peut-être d'un jeune héros empêtré dans ses aventures) dont les récits étranges exaltent et déçoivent tour à tour, qui promet de livrer son secret et qui se reprend aussitôt, non sans laisser dans l'esprit de quoi l'inquiéter, cette histoire sardonique et douloureuse, coupée de sursauts plaisants, est un des plus singuliers documents que nous ayons sur la Chine d'hier, parée de ses soies brodées d'or et des prestiges de son passé. - Elle est aussi, elle est surtout la description, minutieuse en sa cruauté, du rêve auquel on demande trop, qui se ternit quand on l'éclaire, qui se brouille quand on tâche d'en tirer la vérité qu'il sous-entend, suppose mais n'expose pas ; livre amer et poignant, vivant et contrasté, où, du personnage principal, le lecteur se défie autant que s'en défiait l'auteur lui-même, et qui se termine, en quelque sorte, par un point d'interrogation.
    Gilbert de Voisins, La Nouvelle Revue française.

  • Le 1er janvier, Tristan Bernard (1866-1947) entre dans le domaine public et, avec quatre titres, dans la catalogue numérique de la Bibliothèque malgache (collection « Bibliothèque littéraire »).
    Plus connu peut-être pour ses traits d'esprit que pour ses oeuvres, il a lui-même contribué à faire oublier que celles-ci sont pleines de ceux-là.
    Voici l'occasion de le vérifier, et de s'en réjouir.
    Contes de Pantruche et d'ailleurs est une collection de vingt-sept histoires fantaisistes et plaisantes. Des explorateurs européens en quête de cannibales africains n'en trouvent pas mais sont amenés à déguster leurs porteurs. L'Académie donne des prix à des ouvrages publiés d'abord sous d'autres titres, sans se soucier de cohérence. Le roi Dagobert entend le peuple murmurer et retourne, outre sa culotte, sa veste, son bonnet royal et ses pantoufles. Pierre Arabin meurt et renaît, pour la grande joie de ses amis tandis que les dames trouvent ses souvenirs un peu tristes. Etc.

    Supplément

    En guise de préface, les extraits du Journal de Jules Renard où celui-ci fournit quelques fragments pour faire, sans le vouloir, le portrait d'un homme qu'il fréquentait beaucoup : « une petite tête d'enfant chaude comme une pomme de terre en robe de chambre. »

  • L'auteur des Enfants de Caïn a voulu suivre les apprentis forçats des écoles correctionnelles jusqu'au bout de leur destin... le bagne !
    Il est allé en Guyane.
    Étrange Guyane, où l'on peut trouver de la poudre d'or sous un plant de salade, en lavant la terre de son jardin !
    Louis Roubaud a remonté les fleuves, il a vécu dans les placers avec des évadés. Il est redescendu dans les camps de pénitence, à Cayenne, à Saint-Laurent-du-Maroni, à l'Île du Diable... Il a confessé les criminels, souffert de leur châtiment et s'est efforcé de deviner leur âme.

  • Un affrontement est au coeur de ce roman: celui qui oppose la tradition et la nouvelle religion importée par les vazaha, le protestantisme. Deux petits villages proches de Tananarive ont fait des choix différents. Et le jeune Ralahy, dont le père possède une idole sacrée, souffre des deux côtés. La première jeune fille avec laquelle il a fait l´expérience de l´amour a été chassée selon la coutume parce qu´elle était stérile - elle vivra ensuite dans la capitale avec un vazaha. La seconde, fille du surveillant du temple dans le village voisin, est empêchée par son père de fréquenter un incroyant. À cette trame sentimentale s´ajoutent des fléaux naturels ou humains ainsi que de multiples péripéties, au cours desquelles Ralahy fera un long voyage vers l´Ouest... Charles Renel (1870-1925) a été directeur de l´enseignement à Madagascar et a écrit de nombreux livres sur ce pays.

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.
    Fascicule 4 sur 17.

  • Auteur de pièces de théâtre et radiophoniques, Jean-Claude Mouyon a été journaliste et s'est consacré à l´écriture dans le sud-ouest de Madagascar où il avait posé son sac. Il est mort le 22 décembre 2011.
    Il faut les voir ces perdus de l´existence, Tai Be, l´Archi, LR, Caca Citron, le narrateur et tant d´autres... les voir pour croire en leur destinée au fin fond de nulle-part-sur-rien dans le sud squelettique de Madagascar. En prise directe avec le quotidien de leurs amis autochtones et la réalité abrupte d´un pays à la fois magique et désespérant. Une relation passionnelle. Ces trois courts romans réunis sous le titre générique de Roman vrac, drôles, mordants, tragiques, reflètent les affres mais aussi les joies que connaissent les étrangers du monde entier. Et comme dit l'autre, si on n'est pas entrés dans l'histoire on reste becs et ongles bien ancrés dans la vie. Et qu'on se marre!

  • Auteur de pièces de théâtre et radiophoniques, Jean-Claude Mouyon a été journaliste et s'est consacré à l´écriture dans le sud-ouest de Madagascar où il avait posé son sac. Il est mort le 22 décembre 2011.
    Pratiqué dans les régions Sud de Madagascar, le beko est un chant polyphonique a capella généralement interprété par un groupe d´hommes, nommés sahiry, composé d´un récitant et de choristes. Perpétué depuis la nuit des temps par les ethnies du Grand Sud, le beko fait résonner sa litanie répétitive et gutturale durant les nuits où amis et famille du défunt sont réunis devant des feux et des bassines de rhum pour accompagner l´esprit du mort dans sa marche vers l´Est, là où vivent les ancêtres. Beko, le roman, n´est en rien une explication ethnologique du culte des ancêtres mais l´appropriation d´un fait social et culturel qui m´a permis de bâtir une fiction à partir de la structure rythmique et narrative d´une cérémonie revisitée en présence de ses acteurs : Grand Homme, le défunt ; les sahiry ; les vivants. Sur le thème d´une histoire policière inspirée d´un fait divers réel, Beko ou La nuit du Grand Homme se veut aussi un chant, une musique à la fois tendre et violente dédiée à l´extrême Sud de Madagascar et aux hommes libres qui y vivent, ceux qui souffrent mais ne pleurent jamais.

  • Auteur de pièces de théâtre et radiophoniques, Jean-Claude Mouyon a été journaliste et s'est consacré à l'écriture dans le sud-ouest de Madagascar où il avait posé son sac. Il est mort le 22 décembre 2011.
    Les trois courts textes qui constituent la trilogie de L´Antoine, idiot du Sud ont pour particularité d´être en apparence inachevés. Disons qu´ici l´auteur s´est amusé à jeter les bases de ce qui aurait pu constituer un seul roman, à jeter des fils et brouiller les pistes pour au final laisser le lecteur face à une oeuvre abandonnée à son propre devenir. Un personnage et ses proches. Le Sud. Le quotidien. Trois ingrédients récurrents dans chacune de ces histoires qui sont autant de déclinaisons d´une idée romanesque reposant sur un unique socle. L´idée étant d´en avoir plusieurs et d´en proposer autant... Le concept aurait pu se dérouler à l´infini dans une série intitulée «Les aventures d´Antoine» mais trois longues nouvelles ou trois courts romans, au choix, c´est déjà bien suffisant, non ? Puisse la présence d´Antoine (dit l´idiot du Sud) tisser un lien de complicité avec ses lecteurs lesquels, je crois le savoir, ne sont avares ni de sens de l´humour ni de celui de gravité. Merci. Je vous laisse car Baba vient d´ouvrir. (L'auteur)

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.
    Fascicule 3 sur 17.

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.
    Fascicule 2 sur 17.

  • Dans les entretiens qu´il a donnés à propos de Soumission, son roman paru dans les premiers jours de 2015, Michel Houellebecq reconnaissait volontiers que l´accession au pouvoir d´un parti musulman en France en 2022 était une hypothèse romanesque et peu réaliste.
    Maurice Spronck, en 1894, n´envisageait d´ailleurs qu´à beaucoup plus long terme encore la fin de l´Occident tel qu´il le connaissait et que nous le connaissons encore. Sa fiction, L´an 330 de la république, s´ouvre en 2105 de l´ère chrétienne et couvre dix-sept années pendant lesquelles la France passe d´une société utopiste à de nouvelles guerres au terme desquelles l´Islam, entre les mains d´un chef de guerre, prend possession de l´Europe.

    « Les barbares ont reconquis le monde. La civilisation est morte. » Maurice Spronck, avocat né en 1861 et mort en 1921, a poursuivi une vocation d´écrivain et de critique littéraire. Il a collaboré, entre autres, à la Revue des deux mondes, à la Revue bleue, au Journal des Débats... Sa seule incursion, à notre connaissance, sur le terrain de l´imagination, aura été celle-ci et il a fini, comme tant d´autres, dans la politique, élu député de Seine quatre fois successivement en 1902, 1906, 1910 et 1914 et battu en 1919, deux ans avant sa mort.

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.

  • Madagascar dans la presse de 1913, c'est l'histoire d'une colonie racontée par les colons eux-mêmes.
    Puisés dans les journaux métropolitains, dans les publications spécialisées ou dans les feuilles locales, les articles provoquent légitimement quelques poussées d'urticaire. Elles sont saines.
    Anecdotes de la vie quotidienne, grands débats sur l'avenir de la Grande Île, grogne des uns ou des autres, l'ensemble est un portrait vivant et mouvant, sans commentaires.

  • Une femme doit-elle retrousser sa robe en marchant ?
    C´est l´une des questions fondamentales auxquelles Balzac parvient quand il publie, en 1833, sa Théorie de la démarche dans L´Europe littéraire. Il avait eu le projet, finalement avorté, d´intégrer à La Comédie humaine quelques textes qui, pour lui comme pour les spécialistes, sont devenus plutôt des annexes. Il imaginait « quatre ouvrages de morale politique, d´observations scientifiques, de critique railleuse, tout ce qui concernait la vie sociale analysée à fond ». Il a fait mieux que les imaginer, puisqu´il les a écrits, au moins en partie. Outre Théorie de la démarche, il y incluait Traité de la vie élégante et Traité des excitants modernes.
    Mais c´est la démarche, ou la marche, qui nous intéresse ici pour ouvrir la collection dédiée à ce mouvement humain. Comment Balzac s´étonne qu´elle n´ait pas été davantage étudiée par les savants, quelle place elle occupe dans la vie sociale, ce qu´il peut en dire par l´observation et la réflexion. Tout cela avec un esprit de sérieux souvent démenti par lui-même : « Ici, je serai toujours entre la toise du savant et le vertige du fou. » À bon entendeur...

  • Le trésor du capitaine William Kidd aurait été en partie retrouvé en mai 2015 par l'archéologue américain Barry Clifford et son équipe dans les eaux de Sainte-Marie, à Madagascar. La nouvelle a fait grand bruit, à hauteur de la réputation qui fut celle de l'homme exécuté à Londres par pendaison en 1701 après sa condamnation pour meurtre et piraterie.
    L'écrivain américain Washington Irving (1783-1859) a utilisé le personnage de Kidd dans Tales of a Traveller, une suite d'essais et de nouvelles publiée en 1824 sous le pseudonyme de Geoffrey Crayon et traduite en français l'année suivante.
    Les trois nouvelles réunies ici - encore la première a-t-elle plutôt la forme d'un bref essai - montrent la place occupée par William Kidd dans l'imaginaire américain de l'époque, une vingtaine d´années après sa mort.

  • En septembre 1839, Sainte-Beuve publie dans la "Revue des Deux Mondes" un article qui n´a pas fini de faire parler de lui tant il semble avoir été écrit pour notre époque où la confusion la plus totale règne entre l´auteur, ses livres, sa notoriété, ses frasques, et mettez tout cela dans le désordre vous obtiendrez une image certes peu claire mais assez ressemblante de l´état de la librairie, au sens large. "De la littérature industrielle" occupe dix-sept pages de la "Revue". Il répond à une lettre que Balzac avait publiée le 18 août dans "La Presse". Nous donnons en annexe la lettre, rarement jointe dans ce contexte, car sur elle reposent bien des arguments de Sainte-Beuve. Il déborde cependant d'une simple réponse. Le critique se plaint de ce qu´on écrit trop, et trop mal, sans se soucier de faire oeuvre. Et les journaux qui acceptent les annonces payantes pour les nouveautés font naître le soupçon sur leurs articles littéraires, si bien qu´à la fin, au lieu de prospérer, le commerce du livre s´étiole puisque les lecteurs n´ont plus confiance dans la qualité de ce qu´ils achètent. La littérature industrielle est, selon Sainte-Beuve, un mal qu´il est nécessaire de contenir dans des proportions raisonnables, tâche difficile dans la mesure où tout semble fait pour qu´elle prenne le dessus. On se croirait presque deux siècles plus tard. Sinon qu´on cherche le Sainte-Beuve d´aujourd´hui.

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.
    Fascicule 6 sur 17.

  • Cette compilation d´articles donne la parole aux seuls colons et, parfois, aux politiciens qui les représentent (ou croient les représenter) en France métropolitaine. On ne s´étonnera donc pas de rencontrer souvent des avis aussi péremptoires que négatifs à propos des Malgaches, d´ailleurs nommés habituellement les "indigènes". Une seule exception, mais notable : "La Dépêche malgache", journal créé à Tamatave (nous utilisons les appellations françaises des villes et, pour les noms malgaches, c´est au petit bonheur la chance, comme dans les textes originaux) en octobre, introduit dès son premier numéro une chronique piquante censée être écrite par un tireur de pousse-pousse qui y livre des réflexions en complet décalage avec la tonalité générale de la presse.

  • Antoine de Baecque, qui connaît L´art de marcher, a donné sous ce titre, en 2013, un ensemble de textes d´Yves Gallot, précédé d´une copieuse préface. L´ouvrage que nous publions, s´il lui ressemble, est néanmoins différent. Il reprend la genèse de ce qui allait devenir, en 1898, L´art de marcher et, en 1909, Souvenirs du célèbre marcheur Gallot.


    Tout commence le 20 décembre 1896 dans le Journal des Voyages par un entretien avec l´étonnant marcheur Gallot, présenté comme une sorte de phénomène et qui ne rechigne pas à conter ses exploits. Si bien qu´il est invité à les partager plus largement dans les numéros suivants. Du 27 décembre au 14 février de l´année suivante, les lecteurs de l´hebdomadaire y lisent donc les huit livraisons des Souvenirs d´un marcheur, situés Au-delà des mers comme le précise un surtitre. Il s´agit en effet de ses aventures américaines, et il n´y est pas question que de marcher. Pour faire bonne mesure et à la demande de « nombreux lecteurs » (ils deviendront ses « nombreux amis » dans l´ouvrage publié en 1898), le feuilleton est prolongé par un article intitulé L´art de marcher.



    On notera avec un sourire que si, dans le Journal des Voyages, la caution littéraire utilisée par Gallot était Paul de Kock, il utilisera ensuite les exemples plus prestigieux de Victor Hugo et de Jean-Jacques Rousseau.

  • Paru en 1917, ce texte, où la soeur d'Arthur Rimbaud raconte son exode dans les premières semaines de la Grande Guerre, semble ne pas avoir été réédité. Il était temps de rendre accessible ce qu'André Salmon pensait être «l'un des plus beaux livres de guerre», ajoutant: «et qu'on ne cite jamais.» Sa publication a été saluée par «La Nouvelle Revue» en termes élogieux: «Madame Isabelle Rimbaud nous apporte le récit le plus intéressant, le plus sincère, le plus vrai qui ait, jusqu'à ce jour, paru sur les tragiques événements d'août-septembre 1914. [...] D'un bout à l'autre de ce livre, les impressions et les visions sont notées dans un style très simple, très pur, très net, qui atteint parfois tout naturellement le ton de l'épopée. Le lecteur est saisi, se passionne, halète devant ces tableaux inoubliables du drame sans précédent qui fait trembler la Terre.»

  • Grande itinérante, femme indépendante, Ida Pfeiffer est une pionnière du récit de voyage. Cette Autrichienne, née à Vienne en 1797, a accompli deux fois le tour du monde et en a fait la relation dans des livres à succès, traduits en plusieurs langues. Courant du nord au sud et d'est en ouest, elle a cependant manqué Madagascar.

  • «Baillon ayant été aussi journaliste, vient de nous donner: "Par fil spécial". Un beau sujet! C´était amusant de le chiper à Pierre Hamp, et de le traiter comme Pierre Hamp ne le traitera jamais. Pierre Hamp aurait tout dit sur la matière, et y aurait ajouté quelque chose. Baillon ne dit que ce qu´il a vu, comme il l´a vu, et ne dit pas tout, et, ma foi! n´a pas l´air d´ajouter, d´inventer quoi que ce soit... Baillon, journaliste, a fait un livre charmant sur le journalisme, une histoire de servitude gaiement comprise, l´histoire de Baillon qui échappe facilement à la servitude par une poétique philosophie. Oui, mais Baillon n´a pas tout dit, loin de là. Et ce qu´il tait, c´est la raison pour laquelle on fabrique si mal un journal. Mon ami Baillon, vous avez bien de la chance d´aimer en psychologue et de travailler en poète: vous, si malin, vous manquez un peu de méchanceté... Nous vous aimons, vous vous amusez fort, vous êtes un merveilleux peintre de vie, nous sommes contents de vous, mais non tout satisfaits.» (Parijanine, "L´Humanité", dimanche 30 mars 1924.)

  • «C´est un drame rustique, farouche, émouvant, complexe, dont les personnages luttent et crient, et tuent pour l´honneur, pour l´argent, pour la terre surtout qui semble s´animer et devenir une vivante héroïne; tout cela est d´une intensité, d´une vigueur extraordinaires. À travers tout le livre il passe comme un large souffle, une senteur âpre et forte de nature et de vérité, et je ne crois pas que M. Camille Lemonnier ait rien écrit de plus poignant et de plus fort...» (Ph.-Emmanuel Glaser, "Le Figaro", dimanche 9 décembre 1906.)

  • Georges Ohnet a écrit, comme beaucoup de ceux qui ont vécu ces années-là, sur la Grande Guerre. Pourquoi exhumer son Journal d´un bourgeois de Paris pendant la guerre de 1914? L'auteur était, de son temps, décrié malgré son succès populaire, ou à cause de lui. Le témoignage du feuilletoniste, ses impressions de guerre, sa logorrhée de commentateur imprécis, tout cela représente malgré tout une pensée assez commune à bien d´autres Parisiens. Elle tient du Café du Commerce? Oui, sans doute. Mais ces «longues» de comptoir nous disent un état d´esprit. Et celui-ci mérite d´être connu.
    Fascicule 7 sur 17.

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