Les Editions du Sonneur

  • Jeté aux ténèbres Nouv.

    Commune de Paris, déportation, Nouvelle-Calédonie

    Jetés aux ténèbres raconte les dix années d'exil du narrateur, Étienne Delandre, l'un de ces Communards que la IIIe République envoie " expier " en Nouvelle-Calédonie parce qu'ils ont voulu une société plus juste, qu'ils ont été " un peu trop républicains ".

    Dans leur prison à ciel ouvert, ces quasi naufragés ressassent leur vie d'avant, tentent de s'acclimater, de comprendre ce qu'il s'est passé sur les barricades et de mettre en actes leurs idéaux sur ce bout de terre, et se cramponnent à l'espoir d'une amnistie. Tout cela dans cet ailleurs aux terres rouges, habité par un peuple canaque dont les mœurs leur sont totalement étrangères, au milieu d'une nature inconnue et stupéfiante, qu'Étienne Delandre n'aura de cesse de dessiner durant sa détention. L'exil est aussi rythmé par les nouvelles politiques apportées de France grâce aux navires, par le passage des cyclones.

    Jusqu'à l'expiration du délai de cinq ans de détention pour Étienne Delandre, qui se voit alors proposer un poste d'ingénieur pour la création du premier haut-fourneau de Nouvelle-Calédonie. Commence dès lors pour lui la découverte de la ville de Nouméa, d'une partie de la Grande Terre, de la société coloniale et de la façon dont celle-ci réprouve la première répression canaque. Avec toujours en tête l'espoir non pas d'une grâce, mais bien d'une amnistie.

  • L'écriture de Laurine Roux, simple, rugueuse et âpre, dessine un monde à la lisière du merveilleux. Ses évocations très telluriques, glaciales, minérales, font remonter des scènes presque mythologiques : le grand Nord battu par les vents et la guerre, l'animal tapi en nous, ces terres où l'homme a les pieds dans la boue.
    Alors qu'elle vient d'enterrer Baba, sa grand-mère, et qu'elle arpente un monde à la croisée du réel et de l'imaginaire que traversent les plus curieuses légendes, une jeune fille, la narratrice, fait la rencontre d'un être sauvage, magnétique, étrange et taciturne, presque animal : Igor, qui livre du poisson séché à quelques vieilles femmes isolées dans la montagne. Avec lui elle connaîtra l'amour, décuplé par une nature étonnamment vivante et par tout ce que la jeunesse porte d'insolence.

    Cinquante ans auparavant, le pays fut ravagé par la guerre, ne laissant que des femmes et des enfants. Les survivants ayant voté pour le Grand-Oubli, seules les aïeules pourraient se souvenir, mais tout désir de mémoire en elles s'est tari.

    Avant de mourir pourtant, Baba délivre un secret à sa petite-fille : la vérité sur les " Invisibles ", ces créatures que les bonnes gens redoutent plus que tout. Elles ignorent encore combien le destin de la jeune fille sera lié à ces parias.

    Au fil du temps le mystère s'épaissit. Qui est Tochko, cet Invisible dont Igor paraît si proche ? Quel lien l'unit à la vieille Grisha, honnie de tous ? Précipitant les personnages dans la tourmente, une tempête poussera les uns et les autres aux confidences. Le roman alors se peuple de voix, de paroles remontées des temps anciens, laissant entrevoir un passage entre le monde des morts et celui des vivants, une porosité entre le passé, le présent et l'avenir.

    L'amour suffira-t-il à cette jeune fille pour affronter le trou noir de la guerre ? De quel secours lui sera-t-il, face à tout ce qui menace ?

    L'écriture de Laurine Roux, simple, rugueuse et âpre, dessine un monde à la lisière du merveilleux. Ses évocations très telluriques, glaciales, minérales, font remonter des scènes presque mythologiques : le grand Nord battu par les vents et la guerre, l'animal tapi en nous, ces terres où l'homme a les pieds dans la boue. Cette fable assez sombre est pourtant traversée par une très belle lumière, celle d'hommes et de femmes habités par une densité que l'on dirait millénaire, et dont chaque parole, chaque geste est plein de sens. Lumière d'une nature aussi austère que sublime, d'une vie qui n'est jamais si désirable que dans le côtoiement de la mort, lumière de l'amour enfin.

  • Le plus dangereux des jeux Nouv.

    Première traduction intégrale
    Texte qualifié de " nouvelle la plus populaire jamais écrite en langue anglaise "

    Au milieu de la mer des Caraïbes, Sanger Rainsford fait naufrage sur l'île de Ship Track. Il y est recueilli par un russe blanc, le général Zaroff, qui se révèle être un hôte des plus remarquables et attentionnés. Reconnaissant en son convive un célèbre chasseur de gros gibier dont le livre sur la chasse au léopard des neiges fait autorité, le maître des lieux invite Rainsford à un jeu particulier : une partie de chasse à l'homme. Acculé, celui-ci est forcé d'accepter ce " jeu des plus dangereux ".

    Commence alors, au coeur de la jungle, une lutte sans merci entre les deux hommes. Le chasseur chassé, l'ombre et la proie : qui chassera qui ?

    Ce récit, à la lisière du fantastique, est un monument de la littérature noire aux États-Unis. Il a été adapté de nombreuses fois au cinéma –
    Les Chasses du comte Zaroff avec Leslie Banks (1932),
    A Game of Death de Robert Wise (1945)... – et mis en ondes à plusieurs reprises – entre autre en 1943, avec Orson Wells dans le rôle du comte Zaroff.

  • • Une ode à la souveraineté de la nature
    • Une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie.

    Une famille a trouvé refuge en pleine montagne où elle tue les oiseaux et les brûle au lance-flammes : ceux-ci seraient à l'origine d'un mal ayant conduit l'humanité à son extinction. Tandis que la mère pleure et chante son existence passée, le père seul s'aventure aux confins de leur " sanctuaire ", d'où il rapporte tout ce qu'il trouve pour assurer la survie des siens. Mais le monde est-il vraiment devenu ce qu'il en dit ? Est-il jonché de cadavres qui pourrissent le long des chemins ? Comment être certain des motifs qui le conduisent à cloîtrer sa famille, à dispenser à ses filles un entraînement quasi militaire et à se montrer chaque jour plus imprévisible et brutal ?

    Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du " sanctuaire " – et avec elles, la loi de ce père qu'elle admire plus que tout. Ce sera pour tomber entre d'autres griffes: celles d'un vieil homme sauvage, menaçant et lubrique qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l'enfant...

    Écrit en 2019, bien avant qu'une pandémie de coronavirus conduise au confinement de près de la moitié de l'humanité, Le Sanctuaire déploie et sublime ce qui faisait déjà la puissance d'Une immense sensation de calme : une ode à la souveraineté de la nature et une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie. À mi-chemin entre David Vann et Antoine Volodine, le deuxième roman de Laurine Roux confirme la singularité et l'universalité de sa voix.

    Une immense sensation de calme, premier roman de Laurine Roux : coup de cœur des libraires ; Prix SGDL Révélation 2018.

  • >> Par l'auteur d' Incognita, incognita ou le plaisir de trouver ce qu'on ne cherchait pas
    >> Une nouvelles histoire de l'humanité via le prisme de l'ivresse.
    >> Un livre érudit et férocement drôle.

    "
    Instruire en divertissant, divertir en instruisant ", telle était la devise de la Maison Hetzel à la glorieuse époque de la collection des Voyages extraordinaires de Jules Verne, et telle pourrait être celle du malicieux écrivain Mark Forsyth, qui nous propose
    un périple érudit à travers les âges et les civilisations sous l'angle de notre relation à l'alcool et à l'ivresse.

    Les raisons et les manifestations de l'ébriété se sont manifestées différemment au gré des âges et des lieux. Elle peut avoir une origine religieuse tout autant que sexuelle, elle peut asseoir le pouvoir des rois comme apporter un soulagement aux paysans, elle peut être une offrande aux ancêtres ou bien marquer la fin d'une journée de travail, elle peut mener au sommeil aussi bien que déclencher une guerre. Une brève histoire de l'ivresse retrace ainsi l'histoire d'amour qui lie l'humanité à l'alcool, depuis nos aïeuls jusqu'à la Prohibition, en répondant à toutes les questions possibles et imaginables : qu'a bu l'humanité au gré des siècles ? Dans quelles quantités ? Qui buvait au sein d'une société ? Et pourquoi ? En quoi l'alcool a-t-il joué un rôle décisif dans l'évolution de l'espèce humaine ?

    Ce drôle de livre nous amène à nous interroger sur les différences de consommation d'alcool d'une civilisation à l'autre et brosse ainsi une sorte d'histoire de l'humanité – tout cela sans jamais manquer une occasion de nous faire rire.

  • On n'est pas sérieux quand on a douze, puis treize ans. On tombe amoureux. Raide dingue. Isabelle Samain. Son nom est un refrain, sa beauté, une chanson d'amour. On la guette. On se pâme. On fantasme. On la désire. On rêve de la toucher...
    Qui ça, on ? Le confident de C'est aujourd'hui que je vous aime, se nomme " les hommes ", alias tous les garçons, alias François Morel.

    On n'est pas sérieux quand on a douze, puis treize ans. On tombe amoureux. Furieusement amoureux. Raide dingue. Isabelle Samain. Isabelle Samain. Isabelle Samain. Son nom est un refrain, sa beauté, une chanson d'amour. On la guette à l'angle de la rue Alexandre-Vialatte et de l'avenue de la République. On se pâme. On fantasme. On la désire. On rêve de la toucher, de l'embrasser... de passer à l'acte (sexuel).

    Qui ça, on ? Ici, pas de nous (trop banal), encore moins de je (trop pédant). Le confident de C'est aujourd'hui que je vous aime, par pudeur et par plaisir, se nomme " les hommes ", alias tous les garçons, alias François Morel.

    Malicieux et tendre (comme à son habitude), l'artiste raconte les amours débutantes, celles balbutiantes et gau-ches, désespérées et hilarantes. Il raconte les premiers émois (de véritables tortures), les illusions perdues (et retrouvées), les désordres (amoureux) et le corps qui bouillonne (tout feu tout flamme).

    Quand l'innocence se fait la malle, c'est dur de tourner le dos à l'enfance, de franchir l'adolescence, et de passer de l'autre côté du miroir, là où les adultes aiment (et baisent, eux).

    À personne, personne, les hommes ne laisseront dire que c'est le plus bel âge de la vie. Oui, mais voilà, la vie va les surprendre...

  • Seattle, début 1946. Ichiro Yamada, jeune Américain d'origine japonaise rentre enfin chez lui. Après avoir passé deux ans dans l'un des camps créés à la suite de l'attaque de Pearl Harbor pour interner les 100 000 membres de la communauté japonaise-américaine, il a écopé de deux ans de prison pour avoir refusé d'être incorporé dans l'armée américaine.

    Seattle, début 1946. Ichiro Yamada, jeune Américain d'origine japonaise (un nisei, " deuxième génération " en japonais) rentre enfin chez lui. Après avoir passé deux ans dans l'un des camps créés à la suite de l'attaque de Pearl Harbor pour interner les 100 000 membres de la communauté japonaise-américaine, il a écopé de deux ans de prison pour avoir refusé d'être incorporé dans l'armée américaine.

    Dans les semaines qui suivent son retour, et malgré l'accueil chaleureux de ses parents (notamment de sa mère qui, dérivant lentement vers la folie, s'imagine que le Japon a gagné la guerre), Ichiro prend la mesure de son statut spécifique. Il tente de redéfinir son identité et de retrouver sa place dans un pays qui, pense-t-il, l'a trahi – et qu'il a trahi.

    Méprisé par ses camarades nisei et par son frère cadet qui ont fait le choix de s'enrôler dans l'armée, il est pourtant son plus féroce contempteur. Au cours d'une longue errance entre Seattle et Portland et au fil de diverses rencontres, il tente de faire la paix avec lui-même et avec le choix qui l'a mené en prison.

    Alternance de monologues intérieurs incantatoires et rageurs et de dialogues laconiques dignes d'un film noir, évocation lucide d'une Amérique d'après-guerre où les tensions raciales ne s'apaisent jamais,
    No no boy met en lumière un aspect historique encore méconnu : le difficile retour à la liberté des citoyens américains d'origine japonaise après la guerre.

    À propos du titre : le double " non " fait référence au questionnaire que le ministère de la Guerre fit remplir en 1942-1943 aux jeunes Japonais-Américains de deuxième génération internés. Les questions n° 27 et 28 étaient destinées à tester leur loyauté envers les États-Unis.

    N°27 : Êtes-vous prêt à rejoindre les forces armées des États-Unis et à participer aux combats lorsque cela vous sera demandé ?

    N°28 : Êtes-vous disposé à prêter allégeance aux États-Unis d'Amérique et à les défendre en toute loyauté contre toute attaque par des forces étrangères ou nationales, et à renoncer à toute autre forme de soumission ou d'obéissance à l'empereur du Japon ou à d'autres gouvernements, puissances ou organisations étrangères ?

    Répondre non à ces deux questions était synonyme d'incarcération.

  • " Les meilleures choses sont celles que vous n'auriez jamais su vouloir jusqu'à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache [...] Mais c'est tout. C'est ailleurs qu'il faut chercher ce qu'on ne sait pas ne pas savoir. "

    " Les meilleures choses sont celles que vous n'auriez jamais su vouloir jusqu'à ce que vous les ayez. Internet prend vos désirs et vous les recrache, consommés. Vous lancez une recherche, vous entrez les mots que vous connaissez, les choses que vous avez déjà à l'esprit, et Internet vous crache un livre, une image ou une notice Wikipédia. Mais c'est tout. C'est ailleurs qu'il faut chercher ce qu'on ne sait pas ne pas savoir. "
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    Que se passerait-il si nous éliminions de notre vie toute irruption du hasard, de la chance et de l'inconnu ? Il y a fort à parier que nous sombrerions dans l'ennui le plus épais. Nous croyons maîtriser la réalité via internet, les librairies en ligne et les sites de rencontre – mais sans le hasard, la chance et l'inconnu, pas de Juliette pour Roméo, pas de livres bouleversants dont nous ignorions l'existence !

  • Joseph Kessel pose un éclairage cru et impitoyable sur Hollywood.

    En 1936, Joseph Kessel débarque aux États-Unis. Hollywood ville mirage, publié en 1937, est le récit de son voyage au sein de l'industrie florissante du cinéma. Malgré les trois quarts de siècle écoulés depuis, nombre d'aspects dépeints par le reporter-romancier n'ont en rien changé.

    Dans une langue limpide et précise, Joseph Kessel dépeint le lieu comme une cité ouvrière, semblable, malgré son luxe, aux villes minières. Les habitants d'Hollywood, producteurs, techniciens ou stars, sont tous, selon Kessel, des ouvriers ficelés à leur travail par une drogue puissante : le cinéma. Ils en sont tous arrivés " au dernier stade : celui où l'on considère l'intoxication comme un état naturel ".

    Hollywood fascine et rebute l'auteur qui a pourtant déjà arpenté la moitié de la planète ; il l'appelle le " lieu le plus artificiel de la terre, qui convertit en industrie colossale les visages et les sentiments, qui les débite pour le monde entier comme des conserves ". Tentant de comprendre la société américaine, il croit saisir comment Hollywood parvient à tenir l'Amérique entière sous hypnose : " Le peuple des États-Unis est un peuple qui s'ennuie. " Hollywood s'adresse selon lui aux " déshérités du plaisir, aux damnés de l'ennui ". Kessel ne fait donc pas de quartier. Il pose sur Hollywood un éclairage cru et impitoyable. Il affirme néanmoins : " Ce n'est ni mépris, ni haine. Mais plutôt, en vérité, de l'amour déçu ". Qui aime bien...

  • L'illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn (1908-1998) est l'auteur de nombreux récits, nouvelles, novellas et romans. Dans Mes saisons en enfer, elle nous raconte, avec une grande liberté de ton, ses périples les plus éprouvants : la Chine de Tchang Kaï-chek - en compagnie de son mari d'alors, Ernest Hemingway, qu'elle surnomme le Compagnon réticent -, la mer des Caraïbes où elle se lance à la poursuite des U-Boots nazis, le continent africain qu'elle traverse d'ouest en est, la Russie soviétique où elle rend visite à la veuve du poète Ossip Mandelstam, et enfin Israël, qui lui inspire une réflexion pleine d'humour sur l'ennui comme moteur au voyage. Sans concession pour elle-même, avec une curiosité qui jamais ne s'émousse, Martha Gellhorn déploie, dans chacun de ces récits, une joyeuse fureur et une élégante ironie. Le lecteur se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant - souvent - de ne pas être de l'aventure.

  • Cette brève « autobiographie », parue en 1906, est l'un des textes politiques de Jack London les plus marquants. Dans ce récit personnel, il retrace le chemin qui le mena à devenir socialiste. Crieur de journaux, pilleur d'huîtres, ouvrier dans une conserverie, employé d'une teinturerie, électricien, vagabond... il nous livre ici les voies qui firent de lui l'auteur engagé si longtemps méconnu. Une plongée au coeur du destin d'un des écrivains américains les plus ambigus.

  • En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l'écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l'Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges,myriade d'îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant de nature et de lumière, d'un continent en sursis. Car, en route vers le cap Nord, Capek pressent la fin d'une époque et dessine une Europe qui, bientôt, sombrera dans le chaos. Avec 170 dessins de Karel Capek.

  • Comme Jack London, l'emblème de la collection, l'écrivain et cinéaste Gérard Mordillat est né dans la classe ouvrière. Ce qui pour lui signifie tout : ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il fait.

    Comme Jack London, l'emblème de notre collection, Gérard Mordillat est né dans la classe ouvrière. Ce qui pour lui signifie tout : ce qu'il est, ce qu'il pense, ce qu'il fait. Avec un enthousiasme décapant, l'auteur de Vive la sociale ! revendique son appartenance, nous invite à partager sa fierté d'être de ceux-là, du côté de ces femmes et de ces hommes trop souvent oubliés des médias ou de l'Histoire, les opprimés, les crève-la-dalle, les insurgés, les militants, les résistants. Qu'ils soient d'hier ou d'aujourd'hui, d'ailleurs ou d'ici, Gérard Mordillat leur rend grâce et se raconte dans un même élan. Il évoque l'esprit de la Commune et revit l'école buissonnière du côté de Belleville et de Ménilmontant ; il s'attendrit sur son frérot le prolo et son paternel qui lui laissa un super cadeau : exiger le droit à l'écriture, " une force que la classe ouvrière ne devait pas négliger " ni laisser aux nantis. Il nous parle de ses chemins de traverses, de son premier boulot dans une imprimerie, de ses rencontres déterminantes, de la découverte de la poésie et de la cinémathèque ; et puis de sa passion du vélo, le bitume comme une feuille blanche à conquérir. Sans étiquette politique sinon celle d'homme libre, l'écrivain et cinéaste réinvente avec force et humour ce qu'être de gauche signifie : avoir le goût des autres, du bien commun, du partage, de l'égalité, de la fraternité.

  • Le boxeur

    Jim Tully

    Inédit en français.
    L'une des œuvres de fiction les plus informées de la littérature consacrée au " noble art " et le premier écrivain à poser les problématiques du boxeur professionnel.

    Salué par la critique littéraire, la presse sportive et les pugilistes eux-mêmes,
    Le Boxeur (
    The Bruiser en anglais), publié en 1936, est l'une desœuvres de fiction les plus informées de la littérature consacrée au " noble art ". On y retrouve le rythme trépidant, les phrases courtes et suggestives, les dialogues authentiques et la rude humanité de l'auteur de
    Vagabonds de la vie,
    Circus Parade et
    Les Assoiffés.

    Jim Tully combattit en professionnel entre 1908 et 1912 et noua des amitiés avec des champions comme Johnny Kilbane et Jack Dempsey (un autre " gamin du rail "). Il est à ce titre le premier écrivain à poser les problématiques du boxeur professionnel. Comment se nourrir, se loger, s'entraîner, se soigner et, d'une manière générale, vivre de ses poings quand votre destin peut basculer en une seconde ? Car le monde de la boxe repose sur une logique de marché où les sentiments ne survivent que très rarement aux déconvenues. Jim Tully nous permet donc de comprendre l'économie de ce sport, le système des bourses et des paris, la hiérarchie d'un milieu complexe où l'honnêteté est admirée sur le ring mais méprisée en dehors. Dans
    Le Boxeur, on découvre ainsi l'immense popularité de ce sport qui, au début du XXe siècle, attirait les foules aussi bien aux États-Unis qu'en Europe.

    Enfin, il faut souligner – une fois de plus – la lucidité et la délicatesse avec laquelle Jim Tully évoque la condition de ces laissés-pour-comptes qui souvent

  • On connaît le Jack London aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d'or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l'écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l'argent est roi.

  • Un livre bouleversant inspiré d'une histoire vraie
    Le texte fondateur des Éditions du Sonneur
    2019 : quarantième anniversaire de la mort de Josef Bor

    Raphaël Schächter, pianiste et chef d'orchestre tchécoslovaque, arrive au camp de Terezin en juin 1942. Il le quitte pour Auschwitz en octobre 1944. Entre ces deux dates, il réussit à répéter et à faire jouer par les détenus – cent cinquante choristes, deux pianistes qui remplacent l'orchestre et quatre solistes – le
    Requiem de Verdi. Dix-huit mois d'efforts pour donner une représentation de cette messe catholique des morts devant des officiers nazis, dont Eichmann. Un véritable défi, et surtout une représentation des souffrances des juifs ainsi qu'un message de courage dans un face-à-face terrible avec leurs bourreaux.

  • " Qui suis-je pour juger l'autre ? Qui peut bien avoir la légitimité pour juger du sens de la vie d'un homme ? Comment être soi et juge en même temps ? " Le magistrat Serge Portelli s'empare de notre collection pour raconter le dur métier de vivre.

    " Qui suis-je pour juger l'autre ? Qui peut bien avoir la légitimité pour juger du sens de la vie d'un homme ? Comment être soi et juge en même temps ? " Le magistrat Serge Portelli s'empare de notre collection pour raconter le dur métier de vivre. Il dit non pas la vérité, mais sa vérité, son intime conviction. Voici le récit d'un homme face à d'autres, victimes ou agresseurs, humains, tous si terriblement humains. Il se souvient de la sauvagerie de certains gamins, de la douleur de femmes violées, de ses déboires (et victoires) avec le monde politique. Il nous tend un miroir où se reflète le chaos de notre monde – violences, inégalités, injustices...

    Offrir en partage ce que la vie signifie pour lui, c'est livrer ses doutes et ses certitudes, nous emmener dans ses combats pour la liberté, l'égalité et la fraternité. C'est entrelacer pudeur, colère, tendresse et espoir. C'est aussi écrire pour comprendre, se délester du charabia judiciaire et prendre le parti de l'autre – ces autres " moi-même ". C'est encore au-delà de l'horreur, rejeter la fatalité, la récidive, et croire, toujours, en la dignité de l'Homme.

    Serge Portelli appelle à la rescousse Verlaine et Montaigne et passe aux aveux avec une rare élégance, souvent teintée d'humour.

  • Le Monde sur le vif de Martha Gellhorn dresse un panorama de l'histoire du xx e siècle, décrite vec une grande exigence littéraire. Un remarquable témoignage sur l'effervescence politique et sociale du monde.

    Martha Gellhorn publia de son vivant deux recueils d'articles :
    La Guerre de face (Éditions Belles Lettres, 2015, traduction Pierre Guglielmina) et
    Le Monde sur le vif, qui réunit des textes écrits " en temps de paix " pour reprendre ses propres termes, soit vingt-neuf articles rédigés entre 1934 et 1985, répartis en six chapitres, chacun s'achevant par un texte générique sur la décennie abordée. L'ouvrage apparaît comme une sorte d'autobiographie indirecte : Gellhorn y exprime sa vision personnelle de l'histoire du xxe siècle, mêlée à celle des événements dont elle a été le brillant témoin, toujours aux premières loges.

    Une scène de lynchage dans le Sud ségrégationniste des États-Unis, l'Amérique au temps de la Grande Dépression, l'Angleterre se préparant à la Seconde Guerre mondiale, la mort de la Tchécoslovaquie, la visite des orphelinats dans l'Italie de l'après-guerre, un week-end dans la toute jeune Israël, le sort des Arabes en Palestine, le procès d'Eichmann, une villégiature au Kenya, le portrait d'une Vietcong, l'Espagne après la disparition de Franco, un Noël avec les chômeurs de Londres, un plaidoyer contre la torture au Salvador, un séjour à Cuba après quarante ans d'absence... Les sujets abordés par Martha Gellhorn, avec une grande exigence littéraire, sont aussi vastes et divers que le furent sa curiosité et sa carrière de journaliste. Ces textes, publiés dans les plus grands journaux des époques concernées


    Collier's, The Sunday Times, The Atlantic Monthly, Harper's, The Times, The Observer, The Guardian, Granta, etc. –, sont tous marqués par son intelligence, son inébranlable foi en la justice, sa perspicacité.

    Le Monde sur le vif dresse ainsi un panorama de l'histoire du xxe siècle, décrite sur le vif. Un remarquable témoignage sur l'effervescence politique et sociale du monde.

    Du même auteur, chez le même éditeur :

    - Mes saisons en enfer, Cinq voyages cauchemardesques

    -
    J'ai vu la misère, récits d'une Amérique en crise

  • Erri De Luca dit de lui qu'il chante même quand il parle. Clin d'œil amical entre compères. À lire De ce côté-ci de la mer, texte écrit à l'approche de la mort, on sait désormais que Gianmaria Testa chante aussi quand il écrit.

    Erri De Luca dit de lui qu'il chante même quand il parle. Clin d'œil amical entre compères. À lire De ce côté-ci de la mer, texte écrit à l'approche de la mort, on sait désormais que Gianmaria Testa chante aussi quand il écrit. Alors qu'il se sait condamné et sans jamais y faire allusion, le chef de gare et auteur-compositeur-interprète ose le récit, une prose légère qui, comme la chanson, court de lèvres en lèvres et se fredonne au-delà des frontières. Gianmaria Testa se raconte au travers des autres, donne en partage des rencontres, paroles ou regards échangés, sonde quel-

    ques souvenirs d'enfance, le père, la mère, l'attachement à la terre et au labeur, ses racines.

    Mais l'homme du Piémont embrasse avant tout la Méditerranée, cette mer où depuis trop longtemps dérive et se meurt notre humanité. Le voici en compagnie d'hommes, de femmes, " oiseaux migrateurs " d'un genre très contemporain, contraints à l'exil, l'abandon, la mort. Pour eux, le chanteur réinvente des moments de dignité. Gianmaria Testa puise ses forces dans le sourire d'une femme, dans la lumière pétillante des yeux d'un gamin, et dans la radicalité d'une lecture. Il mate la mélancolie et cherche sans cesse sous le chaos du monde, la douceur et la beauté. L'amitié, il la vit pleinement, il recompose la loyauté et donne des ailes à la solidarité. Il fait de l'écriture une mélodie, et du silence, une réconciliation. Gianmaria Testa, voix grave enroulée de tendresse, chante l'espoir et nous invite à l'imaginer avec lui : " J'ai foi en l'humanité " écrit-il dans son dernier texte. Quatre mots tout bêtes, tout simples, qui, dans notre collection, claquent comme une bannière.

    Danièle Valin, traductrice en français d'Erri De Luca et de la totalité des chansons de Gianmaria Testa poursuit ici son œuvre de passeuse avec une délicatesse où respire la fraternité.

  • « Peu de vices sont plus difficiles à éradiquer que ceux qui sont généralement considérés comme des vertus. Le premier d'entre eux est celui de la lecture. » Dans ce texte paru en 1903 dans une revue littéraire américaine, la romancière Edith Wharton (1862-1937) dénonce l'obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l'écrivain.

  • Pour la première fois, Alexis Jenni dit avec une sincérité émouvante ce que la vie signifie pour lui : oser apprivoiser la parole lui, qui enfant, " fut muet, puis bègue, puis embarrassé ".

    Récit d'un apprentissage, d'un dépassement de soi ou hymne aux mots, et donc à la littérature ? Évidemment, le tout ensemble, intimement et magnifiquement lié. Pour la première fois, Alexis Jenni dit avec une sincérité émouvante ce que la vie signifie pour lui : oser apprivoiser la parole lui, qui enfant, " fut muet, puis bègue, puis embarrassé ". Le romancier et essayiste se donne tout entier à un jeu de cache-cache avec lui-même, dans une recherche non pas de la vérité mais de sa vérité.

    Dans une belle énergie, avec l'art de mettre en littérature les émotions les plus infimes, il fouille, creuse, se remémore, s'interroge, appelle d'autres à la rescousse, Camille Desmoulins, Sebastião Salgado, Alain Cuny ; aussi quelques écrivains, Denis Diderot, Valère Novarina, Marcel Proust.

    Il raconte la solitude, la honte, la douleur physique, le rouge aux joues et le souffle trop court jusqu'à l'étouffement. Il raconte l'inquiétude sinon l'angoisse de prendre la parole, de prendre place dans le monde des humains. Alexis Jenni lutte contre le silence et s'arme de désir : " L'écriture est la revanche des muets, des bègues et des maladroits ". L'écriture, pour lui synonyme de patience et de labeur, nait de la parole vivante. Elle est une vie commune, un partage.

  • Textes inédits
    2019 : soixantième anniversaire de la Révolution cubaine
    2019 : soixantième anniversaire de la mort d'Errol Flynn

    Dans
    Ce qui m'est vraiment arrivé en Espagne et
    Moi et Castro, respectivement publiés en 1937 et 1959, on retrouve Errol Flynn tel qu'en lui-même, synthèse éthylique d'Albert Londres et du baron de Münchhausen, sorte de précurseur du journalisme gonzo. Le premier reportage évoque ses déboires à Madrid où il est soi-disant venu remettre un million de dollar à la cause républicaine. Au lieu de quoi, il fait du tourisme de guerre en compagnie d'un espion nazi et s'emploie à ne pas mourir. Vingt-deux ans plus tard, Errol n'est plus que l'ombre de lui-même, usé prématurément par la malaria, la vodka et les substances illicites. Toujours en quête de sensations fortes, il part à la rencontre de Fidel Castro et de ses guérilleros en pleine révolution cubaine. S'il ne cache pas sa sympathie, voire son admiration pour les insurgés, il lui faut néanmoins surmonter un sérieux obstacle : comment étancher sa soif parmi des gens qui ont juré de ne pas toucher à une goutte d'alcool jusqu'à la victoire finale ?

  • " Il est temps de relire Capek pour le rire insouciant qu'il crée dans ses contes, rire derrière lequel pointe souvent l'angoisse. C'est une joie de lire l'œuvre de cet incroyable conteur, auteur de récits stupéfiants et inoubliables. " (Arthur Miller)
    Des empreintes qui s'arrêtent soudainement dans la neige, un homme qui a pour seul tort de paraître suspect, un voleur de cactus qui disparaît à l'autre bout du monde, un poète qui se transforme en détective, Dieu qui apparaît comme témoin de la justice humaine, une cellule de prison dont les occupants se repentissent, un cadavre retrouvé dans une valise déposée à la consigne d'une gare... Dans ces quarante-huit nouvelles, dont plus de la moitié était inédite en français jusqu'à présent, Karel Capek mêle comme à son habitude l'ordinaire et l'extraordinaire, l'humour à la satire.

    Crimes, disparitions, énigmes, mystères, enquêtes, ces récits, qui relèvent du genre policier avant l'heure, dissèquent la vérité et jouent avec notre capacité à juger. Ces textes en forme de paraboles, qui continuent de nous hanter longtemps après leur lecture, prouvent encore une fois l'importance de Capek dans l'histoire littéraire.

  • Pionnier du hard-boiled, Jim Tully fut le premier à donner une voix aux immigrés irlandais, loin des stéréotypes et des caricatures de l'époque. Témoignage émouvant sur une minorité opprimée, Les Assoiffés dessine aussi – en filigrane – le portrait d'un conteur déchiré entre son héritage et son désir de reconnaissance.

    Les Assoiffés (Shanty Irish), publié en 1928, est le cinquième livre de Jim Tully qui s'était fait connaître par le récit de sa jeunesse de hobo dans
    Vagabonds de la vie, Autobiographie d'un hobo en 1924. Son grand projet était de constituer une sorte de " comédie humaine des bas-fonds " dont chaque épisode aurait eu pour cadre un milieu qu'il avait vu de près. Il commença avec les " vagabonds du rail " et enchaîna avec " les ouvriers du cirque " dans
    Circus Parade avant de revenir à sa famille et ses origines irlandaises dans Les Assoiffés.

    Les Assoiffés est composé de tranches de vie des membres de sa famille dont la personnalité ou le destin firent écho au sien : son grand-père, grand conteur de bistrot ; son père terrassier, taillé comme un gorille et qui passait des heures à lire malgré sa myopie ; sa mère au grand cœur et à la foi imprégnée de folklore celtique ; son oncle John Lawler, gibier de potence au magnétisme animal...

    Pionnier du hard-boiled, Jim Tully fut le premier à donner une voix aux immigrés irlandais, loin des stéréotypes et des caricatures de l'époque. Témoignage émouvant sur une minorité opprimée,
    Les Assoiffés dessine aussi – en filigrane – le portrait d'un conteur déchiré entre son héritage et son désir de reconnaissance.

    Comme les deux précédents, le livre rencontra beaucoup de succès en Amérique et au Royaume-Uni, et s'attira les louanges de H. L. Mencken, critique redouté : " Tout comme Gorki, Jim Tully a le pouvoir de faire vivre les misères des pauvres et des désespérés, mais il a en plus un sens de l'humour qu'on n'imaginerait pas chez un Russe. Dans
    Les Assoiffés, j'ai l'impression qu'il est allé encore plus loin que d'habitude. Ce récit n'est pas seulement remarquablement réaliste, il a aussi une belle qualité poétique. "

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