• Pourquoi, malgré des intentions parfois sincères et orientées vers le bien-être de leurs populations, les États modernes les ont-ils si souvent malmenées, voire meurtries ? Pourquoi, malgré les moyens colossaux mis en oeuvre, les grands projets de développement ont-ils si tragiquement échoué et ravagé l'environnement ? Dans cette recherche foisonnante, James Scott démonte les logiques bureaucratiques et scientifiques au fondement de ces projets " haut-modernistes ", poussant à toujours plus de lisibilité et de contrôle sur la nature et les sociétés humaines.
    À partir d'une large palette d'études de cas allant de la foresterie scientifique à la création des premiers recensements et des noms propres, de la doctrine révolutionnaire de Lénine à celle de Le Corbusier en matière d'urbanisme, et de la collectivisation de l'agriculture soviétique aux politiques de villagisation en Tanzanie et ailleurs, Scott dénonce ces entreprises de planification autoritaire qui finissent par appauvrir et étouffer le monde physique et social.
    En appuyant leur pouvoir sur des formes de classification, de standardisation et d'abstraction, ces projets tendent tous à négliger les mécanismes et les processus informels d'ajustement pourtant essentiels à la préservation d'ordres sociaux viables. Ils échouent aussi car ils marginalisent les savoirs locaux de celles et ceux qu'ils ciblent. À l'encontre de ces approches autoritaires centralisées et surplombantes, Scott défend le rôle de formes de savoirs plus modestes, étroitement liées à l'expérience pratique et davantage capables d'adaptation au gré des circonstances.

  • Casseurs, Black-Blocs, Antifafs, Skinheads rouges : c'est en spécialiste reconnu des marges activistes que Christophe Bourseiller nous fait plonger dans l'univers militant et violent de l'ultra-gauche. À l'heure où la démocratie se fragilise, une indispensable enquête sur ceux qui la menacent.
    Ils ont pour nom de guerre les " Black Blocs ", les antifas, les autonomes, les zadistes. Ils se définissaient hier comme situationnistes, conseillistes, luxemburgistes, marxistes libertaires, anarcho-communistes.
    Ce sont eux les " infiltrés ", les " provocateurs ", les " casseurs " qui, au sein des manifestations, affrontent les policiers, vandalisent les commerces, dégradent les monuments. Eux qui occupent et radicalisent les fronts politiques, humanitaires ou écologiques, qui ferraillent au nom des Gilets jaunes, des sans-papiers, des néoruraux, des altermondialistes. Eux qui s'emparent de chaque foyer de contestation pour en faire un axe d'insurrection.
    Ils forment l'ultra-gauche, cette mouvance qui se veut à la gauche de l'extrême gauche.
    On la croyait finie. Elle est aujourd'hui plus active que jamais.
    Christophe Bourseiller nous fait découvrir l'histoire de cette nébuleuse dissidente et la géographie de cet univers militant. Il raconte la chronique secrète de cette avant-garde critique de l'idéologie mais aussi de la culture, de la pensée, des arts. Il dessine le culte de la violence révolutionnaire qui l'anime.
    Une plongée sans égale dans les marges.
    Un travail d'investigation éblouissant, éclairant, indispensable.

  • Pourquoi avons-nous besoin de chefs ? Pourquoi leur obéit-on ? Pourquoi les sociétés n'ont-elles pas toutes les mêmes régimes politiques ? Pourquoi se défie-t-on autant de la politique ?
    En abordant ces questions si actuelles, ce dialogue veut faire comprendre que la démocratie, qui nous apparaît aujourd'hui bien fragile et même décevante, est toujours à recommencer, à inventer, et qu'il est de notre responsabilité de la faire vivre.
    Myriam Revault d'Allonnes est professeur émérite des universités à l'École pratique des hautes études. Elle a notamment dirigé, de 2006 à 2013, une collection de philosophie pour enfants, " Chouette ! Penser ", aux éditions Gallimard Jeunesse.

  • La politique... en marche ! NE MISE A JOUR (primaires, élection d'E. Macron...) d'un best vendu à + 32 000 ex.
    Cette nouvelle édition mise à jour abordera, entre autres, le phénomène des primaires (à droite comme à gauche), la recomposition du paysage politique (effondrement du parti socialiste, débacle des Républicains...), la question de la moralisation de la vie publique ou encore la notion de président jupitérien incarné par Emmanuel Macron.
    En France, la politique est un sport national. Pourtant, les Français connaissent mal le fonctionnement de l'institution républicaine et nourrissent à son égard un sentiment ambivalent. Discrédité par les promesses non tenues et les ravages de la langue de bois, le discours des élites est accueilli avec méfiance par les citoyens. Comme lui paraît frivole, dans un monde globalisé, l'idée qu'on puisse infléchir son destin et a fortiori celui de la nation entière avec un simple bulletin de vote ou par une action forcément limitée.
    Las ! Malgré ses dérives et ses imperfections, la démocratie demeure un " jeu " (un jeu de société), auquel le moyen le plus sûr de perdre est de ne pas jouer. Or l'enjeu est de taille : de notre participation au débat politique dépendent non seulement la bonne administration du pays, mais aussi la pérennité de l'État de droit. Par qui sont faites les lois ? À quoi servent les sondages ?... L'objectif de ce livre est de déchiffrer les règles du jeu démocratique inscrites dans la Constitution (ou pas) afin de vous réconcilier avec la politique et, le moment venu, d'éclairer votre choix.

  • - Gauche/droite, social libéralisme, convivialisme, socialisme, gauche radicale, anarchisme, écologisme, culte du chef, nationalisme, populisme... : Le point sur les grandes idées politiques qui animent le débat d'aujourd'hui.
    - Un rappel historique des grands mouvements
    - Des spécialistes de tous horizons pour mieux éclaircir les enjeux contemporains
    Il en va des idées politiques comme des couleurs. Il en existe des chaudes et des froides, des primaires, des dégradées et d'infinies variations. En matière idéologique, les options fondamentales sont en petit nombre. Soit vous pensez que le monde est plutôt hostile, les humains rivaux, vous êtes attachés à votre sécurité et au respect de l'héritage du passé (vous êtes conservateur), soit vous croyez à l'initiative privée, vous vous méfiez des forces collectives ; vous êtes prudemment attachés au progrès et passionnément à la liberté (vous êtes libéral), soit enfin vous croyez à la solidarité collective, désirez un monde plus égalitaire et pensez qu'il faut s'orienter vers des formes d'organisations sociales radicalement nouvelles (vous êtes socialiste).

    Mais la nature est ainsi faite qu'elle ne se contente jamais de trois couleurs primaires. Elle les brasse à l'infini et en recrée de nouvelles en brouillant les pigments. À gauche figurent des socialistes, mais encore des étatistes, des internationalistes, des souverainistes, des révolutionnaires, des réformistes, des socio-démocrates, des républicains, et même des libéral-libertaires ou des socio-libéraux. Il existe aussi tout un camaïeu de droites : bonapartiste, contre-révolutionnaire, radicale, autoritaire, libérale, nationaliste, démocrate-chrétienne, voire anarchiste... Un centre – et même plusieurs – tentent de se faire une place " ni à droite ni à gauche ".

    En politique, les idées pures n'existent pas. Elles s'arriment à l'histoire, s'ancrent dans le terreau social, se mâtinent au contact des réalités économiques. Chaque génération superpose ses idéaux et ses dissensions sur ceux de la précédente, si bien qu'avec le temps toutes les teintes politiques semblent devenues possibles, y compris les plus improbables. Syncrétisme généralisé ? Il y a sans doute de cela dans ce grand bricolage idéologique que beaucoup opèrent, picorant en droite à gauche les idées qui leur plaisent, pour le meilleur et pour le pire. Notre paysage politique ne s'est pas pour autant dépouillé des idéologies. Les lignes sont simplement devenues moins lisibles, d'autant que les bouleversements liés à la mondialisation des enjeux brouillent les cartes.

    Ce livre présente chacune des grandes familles politiques actuelles, avec son histoire, ses idées, ses fractures, ses enjeux, ses cousinages européens. Un tel sujet exige de croiser les regards ; c'est pourquoi nous avons sollicité aussi bien des philosophes, des sociologues, des historiens, des politistes afin de mieux clarifier les enjeux.

  • À l'heure où le PS est en crise, ce livre exhume les sources contradictoires et embarrassantes de la pensée socialiste. Et si l'impasse était originelle ?
    Qui se souvient que les premiers socialistes furent des défenseurs ardents de la propriété et de la famille, des opposants farouches à l'intervention de l'État, de véritables ennemis de la grève ?
    Tout le monde croit savoir ce qu'est le socialisme ; mais en faisant l'archéologie de ses structures, en relisant ses textes fondateurs, on reste stupéfait de ce que l'on découvre, à rebours de la version officielle, qui livre une représentation très commode et arrangeante du passé.
    Jean-Pierre Deschodt dévoile la vérité dans cette enquête minutieuse. Il montre notamment qu'avant le triomphe majeur du collectivisme, les premiers socialistes exprimaient leur admiration pour Comte et Proudhon - mais qu'ils ignoraient complètement Marx.
    Voici enfin publiée, implacable et documentée, la première contre-histoire du socialisme français.

  • Comment l'état d'exception s'est-il imposé dans la pensée contemporaine ? Pourquoi une notion dont la valeur théorique est aussi contestée, non sans lien avec l'ombre de Carl Schmitt dont elle ne parvient guère à se détacher, est-elle aussi présente dans le champ politique ? Le sentiment largement partagé de subir des crises à répétition, sinon de vivre une situation de crise permanente suffit-il à l'expliquer ? Marie Goupy tente de répondre à ces questions en revenant sur l'émergence de la notion d'état d'exception dans le contexte de l'entre-deux guerres. En partant de l'étude des « usages » des pouvoirs de crise en France et en Allemagne durant cette période, et en suivant la construction du concept d'état d'exception par Carl Schmitt, ce livre interroge la signification de la place grandissante occupée par les pouvoirs exceptionnels, à un moment où l'idée d'une impuissance du politique se formule. En explorant l'équivoque de la pensée de Carl Schmitt, tout comme les réponses fascisantes qu'il prétend apporter à cette impuissance du politique, le livre invite à réfléchir aux écueils du processus de « dépolitisation », auquel on peut associer le libéralisme.

  • L'idée de participation est ancienne et elle a inspiré de nombreuses expériences depuis deux siècles. Une analyse comparative de cette dynamique historique, par les meilleurs spécialistes.
    Aujourd'hui, la démocratie participative s'institutionnalise dans la durée, faisant apparaître de nouveaux acteurs, de nouvelles légitimités, de nouveaux objets dans l'implication de " citoyens ordinaires " à la prise de décision publique. Cependant, si l'idée de participation est au moins aussi ancienne que l'histoire des démocraties modernes, l'étude de sa dimension diachronique restait à faire. D'où l'intérêt de cet ouvrage réunissant les contributions des meilleurs spécialistes, qui proposent, dans une perspective comparative, un regard historique organisé en trois temps.La première partie interroge la généalogie des catégories utilisées par les acteurs et par les observateurs. La deuxième met en regard la France et les États-Unis, dans une période charnière de réformes progressistes - la fin XIXe et le début du XXe siècle -, qui voit se mettre en place les premiers éléments de l'État-providence et s'expérimenter de nouvelles formes de participation. Enfin, la troisième partie retrace les relations qui se nouent entre les sciences ou l'université et le reste de la société, et la façon dont la question de la participation citoyenne a été posée dans ce contexte. Une réflexion sur le temps long débouchant sur des propositions politiques et normatives pour les débats du présent.

  • La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Un tel apprentissage n'a pas été facile : il a fallu beaucoup d'approximations et d'échecs avant de parvenir aux démocraties actuelles. Mais, confrontées à deux guerres mondiales et aux totalitarismes, ces constructions complexes et fragiles se sont montrées incroyablement résilientes, peut-être parce que leur légitimité s'enracine au plus profond des " passions du coeur de l'homme ".

  • Une cinquantaine d'expériences euopéennes sont en cours : mode passagère ou mouvement de fond amené à bouleverser les pratiques administratives et politiques ?
    Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la dynamique européenne est menacée par les replis nationaux et la démocratie représentative n'est plus susceptible de faire face à elle seule aux défis nouveaux, ni apte à mobiliser les énergies et la confiance des citoyens. Inventé à Porto Alegre, au Brésil, le budget participatif, qui consiste à associer des citoyens non élus à l'allocation des finances publiques, s'est répandu très rapidement dans le reste du monde. Il est désormais préconisé aussi bien par le mouvement altermondialiste que par la Banque mondiale et des partis de tout bord. S'agit-il d'une mode passagère ou d'un mouvement de fond amené à bouleverser les pratiques administratives et politiques ? Cet ouvrage constitue la synthèse de la première recherche comparative menée à partir de la centaine de budgets participatifs existant en Europe. La première partie explique l'émergence des budgets participatifs et prend la mesure de leur diversité. La deuxième analyse dans le détail une vingtaine d'expériences, soulignant particularités et traits communs. La troisième partie s'interroge de façon transversale sur les effets, les dynamiques et les enjeux de ces démarches. Elle analyse comment les différents modèles de participation s'articulent aux mutations à l'oeuvre dans le domaine social, dans l'action publique et dans le système politique. Pour que les services publics puissent s'affirmer face aux logiques marchandes, ils doivent se mettre véritablement au service du public. C'est pourquoi le couplage de la modernisation et de la participation représente un enjeu crucial.

  • Cet ouvrage, qui regroupe des contributions de spécialistes de tous horizons, donne des clefs pour appréhender au mieux, à l'heure de la mondialisation, la nature du pouvoir et ses différentes formes, des rapports entre individus aux relations internationales.

  • Podemos, le mouvement espagnol des Indignés, est devenu la troisième force politique nationale en moins de deux ans. Mais face au " parti de Wall Street ", son leader Pablo Iglesias préfère la stratégie subtile du jeu d'échecs à la violence d'un combat de boxe perdu d'avance. Sa génération, celle des trentenaires, est en état d'urgence. Elle possède la fraîcheur et l'enthousiasme qu'ont perdus les partis politiques traditionnels. Déjà à l'oeuvre dans les mairies de Madrid et Barcelone, elle appelle à une refondation démocratique de l'Europe et de la zone euro. Ce livre interpelle les jeunes Européens souvent en marge de la politique conventionnelle mais qui veulent une régulation pacifique à la crise et non le chaos. La génération des Indignés ne veut plus " se tromper d'ennemi " et rêve, par-delà l'échec grec, d'une nouvelle Europe, légitime et démocratique. Pablo Iglesias Turrión, 37 ans, est professeur de science politique à l'université de Madrid et secrétaire général du mouvement Podemos, issu, en 2011, des protestations des Indignés de la Puerta del Sol à Madrid. Traduit de l'espagnol par Amandine Py.

  • Les sociétés démocratiques sont aujourd'hui menacées.
    Elles le sont par le terrorisme et les fondamentalismes. elles le sont surtout par leur propre désarroi. ce malaise existentiel, sans doute inséparable de la liberté qui fonde les démocraties, constitue leur talon d'achille. le projet d'autonomie de l'individu, de démocratisation des sociétés, de primauté de la raison, énoncé par les philosophes des lumières, paraissait devoir s'approfondir et s'étendre.
    Il est aujourd'hui contesté. camouflé derrière la défense des plus défavorisés, les obscurantismes et les communautarismes ont le vent en poupe. l'universalité des valeurs de liberté et d'égalité des droits est remise en question. les sciences tendent à être davantage perçues comme une source de menaces que d'espoir pour l'humanité. le doute et l'interrogation, qui sous-tendent la démarche scientifique, et par-là des progrès sans précédent, sont rendus responsables du malaise destructeur de nos démocraties.
    La difficulté de vivre la liberté que des penseurs aussi différents que dostoïevski ou tocqueville avaient annoncée se vérifie. est-ce à dire que la guerre qui oppose le doute - stimulant - aux certitudes - stérilisantes - soit déjà perdue ? a une époque où les sociétés démocratiques ne parviennent plus à assumer leurs valeurs, ce livre vient à point nommé rappeler que les certitudes dogmatiques restent pour l'humanité la plus grande des menaces.
    Contre le retour du religieux, andré grjebine invite à renouer avec l'esprit des lumières. un ouvrage salutaire.

  • Créé en 1960, le Parti socialiste unifié (PSU) a profondément marqué l'évolution de la gauche française au cours des décennies suivantes. Avec le recul, le PSU apparaît comme un formidable laboratoire d'idées, trop méconnu aujourd'hui après presque quinze ans de " socialisme gestionnaire ". D'où l'intérêt de ce livre, qui retrace pour la première fois d'une façon aussi rigoureuse l'histoire de la naissance et des premières années du parti des " socialistes unifiés ". Grâce à une connaissance intime du PSU - il en a été l'un des premiers responsables - et à un travail considérable dans les archives et auprès des témoins, Marc Heurgon restitue le climat de la gauche de l'époque : effritement de l'hégémonie intellectuelle du PCF, écoeurement de beaucoup face aux trahisons et aux échecs de la SFIO, et surtout mobilisation de toute une partie de la jeunesse contre la guerre d'Algérie. C'est cette conjonction qui permit à des courants divers de se réunir dans un parti aux objectifs particulièrement ambitieux : favoriser le rassemblement de " toutes les forces authentiquement socialistes " pour " bâtir cette société socialiste et démocratique répondant aux conditions historiques de la seconde moitié du XXe siècle ".Dans ce livre, à travers le récit des débats et des mobilisations parfois homériques qui façonnèrent ce parti atypique, c'est aussi l'histoire de ses animateurs que l'on retrouvera : ceux venus des partis fondateurs (Claude Bourdet, Gilles Martinet, Jean Poperen, Edouard Depreux, Alain Savary, Michel Rocard, Charles Hernu, Robert Verdier, Jean Verlhac, etc.), mais aussi ceux, plus jeunes, ayant rejoint nombreux le PSU, qui sera le creuset de toute une génération. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1994.)

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