• Avec Nous, Evgeni Zamiatine jette dès 1920 les bases d'un genre littéraire nouveau, la «science-fiction». Son roman est considéré comme la matrice de 1984 de George Orwell et du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. En voici une nouvelle traduction d'Hélène Henry, qui rend pleinement justice au grand écrivain que fut Zamiatine.

  • Le fléau de Dieu

    Evgueni Zamiatine

    • Phébus
    • 4 Février 2021

    Le Fléau de Dieu est un roman sur la jeunesse d'Attila, otage de l'empereur romain Flavius Honorius. Ce Barbare, ce garçon à l'état de nature, sauvage et indomptable, observe l'empire corrompu et forge son caractère en opposition à une société mourante. Le récit se déroule sur deux plans : d'un côté la découverte d'une civilisation décadente à travers les yeux d'un jeune « sauvage », de l'autre l'observation de ce même pourrissement par l'historien byzantin Priscus Panita. Tout le roman est tissé de métaphores : la terre hurle « comme une femme qui sent déjà son ventre enflé prêt à projeter dans le monde des êtres nouveaux », Attila a des cheveux « comme des cornes » qui balaieront l'ancien monde. Ce récit est un véritable manifeste du mouvement scythe qui considérait la révolution russe de 1917 comme un élan messianique, comme une union spirituelle néochrétienne, socialiste et révolutionnaire, opposée à la pensée bourgeoise et au nouveau pouvoir soviétique.
    Evgueni Zamiatine est un écrivain russe né en 1887. Bolchevik de conviction, il participe à l'insurrection de 1905. Après un exil en Angleterre, il revient en Russie en 1917, puis quitte le Parti, déçu de la révolution. Critiquant le pouvoir et la littérature prolétarienne, il demande à Staline l'autorisation de quitter la Russie. Il s'installe à Paris en 1932, où il décède en 1937. Son roman Nous, publié d'abord en anglais, interdit en Russie, a directement inspiré 1984 de George Orwell, et a eu une telle influence littéraire et sociale qu'il a presque occulté le reste de son oeuvre prophétique.

  • Un petit chef-d'oeuvre qui a permis la redécouverte de l'auteur de Nous autres.

  • Ce court roman d'un des maîtres de la littérature russe raconte dans une langue empreinte de douleur la révolte d'une jeune femme sans enfant, que son mari trompe avec l'adolescente qu'ils ont recueillie. Mais peu à peu la souffrance contenue jusqu'à l'asphyxie verra se rompre les digues du silence, et la haine tout emporter.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Eugène Zamiatine. Roman d'anticipation politique, "Nous autres" est une anti-utopie. Un État totalitaire organise scientifiquement le "bonheur arithmétique" de ses citoyens. Ceux-ci, dont les noms sont remplacés par des numéros, vivent dans des maisons de verre où, en dehors des heures de travail, ils se livrent aux joies de la sexualité sur présentation d'un coupon rose. Cependant, la procréation a cessé d'être une affaire privée et est réservée à quelques-uns. Sur ce monde géométrique, rationnel et programmé règne le Maître, personnage terrifiant qui, les jours de fête, actionne la machine destinée à désintégrer les rebelles. Les numéros malades qui se sont vus pousser une âme sont normalisés par une petite opération chirurgicale du cerveau afin de les libérer de toute velléité d'autonomie. Le texte est parcouru par la dialectique du Grand Bienfaiteur: l'humanité ne préfère-t-elle pas se dessaisir de la responsabilité et de la liberté en échange d'un certain bonheur et du confort ? Ecrit dans le contexte du régime soviétique des années 1920, "Nous autres" s'insurge contre la dépersonnalisation de l'individu et fustige la mécanisation et l'uniformisation que l'on observe dans les sociétés techniciennes à partir du XXe siècle. En cela, le roman de Zamiatine préfigure "Le Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley et "1984" de George Orwell.

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