• Il est le lieu que nous avons tous en commun et qui prend le pouls de nos vies, dont il tient les deux extrémités. Il est aussi le reflet de nos sociétés et de leurs territoires désunis, fragmentés, où nous nous rencontrons, nous regardons, un peu. C'est là, dans cet hôpital du sud de la Loire, à trente kilomètres de la mer, que travaillent ou passent Hélène, Ilan, Claire, Samir et quelques autres. C'est là, à l'endroit où nos existences se révèlent les plus fragiles, mais les plus vibrantes aussi, qu'ils vont se retrouver.
    Frédérique Clémençon raconte leurs itinéraires croisés dans une langue à la hauteur de ses personnages, d'une beauté grave et enchanteresse.

  • "Tu sais, je crois que tu devrais changer ta manière de t'habiller." Ce reproche, aussi cruel que banal, c'est Antoine qui le fait à Jeanne, sa femme. S'ensuit une courte conversation qui met fin à dix-huit années de mariage. Deux ans plus tard, Jeanne s'envole pour New York. Un voyage qu'elle espère salutaire. En quête des preuves d'un amour désavoué dont il ne reste peut-être plus rien, elle remonte le temps, jusqu'aux premières années d'une enfance peu aimable. De son écriture inspirée, Frédérique Clémençon ausculte nos sentiments, malmenés par le temps et le poids de la vie matérielle. Existe-t-il vraiment une "vie commune" ?

  • Quatre personnages sortent du silence pour raconter leur histoire. Anatole, chassé de son pays natal, survit en errant d´usines désaffectées en marais orageux. Jeanne, qui étouffait dans une famille mortifère, a pris la fuite. Elisabeth s´étiole dans une maison de retraite indifférente au sort des pensionnaires et Vincent, cadre sans cesse évalué, se retire peu à peu du monde de l´entreprise.
    Tous sont exclus, tourmentés, pressés de rendre des comptes ou de s´effacer sans bruit. Mais tous, aussi, ont le désir de résister, de ne pas se soumettre à ces sociétés qui tuent à petit feu, classent et traquent sans merci.

  • À la veille d´en perdre définitivement la garde, un père emmène ses deux fillettes pique-niquer au bord de l´eau. Son entourage s´est acharné à tranquillement l´évincer, lui assurant que ses filles lui en seraient plus tard reconnaissantes. Il n´a qu´une journée, la première d´une vie promise au chagrin, pour tisser, ou rompre, le lien paternel. Dans cette nouvelle comme dans les suivantes, les enfants et les adultes sont des territoires que l´on conquiert ou que l´on perd. Chacun bataille pour préserver son intégrité ou, au contraire, étendre son pouvoir sur les autres. Et gare à ceux qui, trop « petits » ou trop fragiles, ne savent pas résister. Ces histoires ont l´allure de contes moraux. Avec son regard perçant et son écriture acérée, Frédérique Clémençon met en scène la cruauté des relations humaines et livrent d´inoubliables portraits de « petits » tenus de se conformer au désir des grands.

  • Dans l'isolement d'une vieille maison perdue dans les collines, deux femmes, une mère et sa fille, règlent leurs comptes, convoquent leurs fantômes, s'épanchent une fois encore. Elles ne se parlent plus depuis longtemps. Leurs voix ne feront donc que se croiser. Une troisième voix se mêle à la leur, qui ordonne avec ironie leurs récits fragmentés. Mais elle s'éteint bientôt, parasitée par d'autres voix, celles des disparus - le père et l'époux, le grand-père et le beau-père.

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