• Les principales évolutions politiques, mais aussi les mutations sociales et économiques qui ont transformé en profondeur le pays depuis l'éviction de M. Gorbatchev en 1991.
    De la démission de M. Gorbatchev en 1991 à la quatrième réélection de V. Poutine à la présidence du pays en 2018, en passant par l'instabilité des années Eltsine, la Russie a connu des ruptures politiques brutales puis une stabilisation autoritaire longue. La société a vécu ces transformations dans un contexte d'ouverture sur le monde extérieur, d'instauration de nouvelles règles économiques et, récemment, de passage au numérique.
    La Russie n'est plus l'URSS, elle n'est pas non plus la démocratie libérale qu'espéraient les réformateurs du début des années 1990. Le pouvoir russe revendique sa " souveraineté " pour justifier la voie autoritaire qu'il a choisie et réprimer les contestations et les critiques. Les citoyens, dans leur majorité, s'ajustent au nouveau cours, entre injonctions patriotiques et réalisation personnelle.
    Cet ouvrage apporte des éclairages tant factuels que théoriques pour comprendre les évolutions engagées depuis 1991 en Russie et réfléchir aux nouvelles formes de l'autoritarisme dans des sociétés libéralisées.

  • En URSS , dès la révolution d'octobre, l'État fut conçu sur un modèle militaire. La centralisation de la prise de décision et la domination du collectif sur les libertés individuelles caractérisaient tant l'organisation militaire que politique. Cette symbiose institutionnelle et idéologique ne prit fin qu'avec les réformes de M. Gorbatchev. Aujourd'hui, l'abandon de l'autoritarisme suppose un contrôle démocratique de l'armée et la reconnaissance des libertés individuelles en son sein. Mais dans les hautes sphères politiques et militaires, la démocratisation de la prise de décision est pastichée, voire enfreinte. Et entre l'armée et la société les tensions se développent.

  • À lhiver 2011-2012, pour dénoncer les fraudes électorales, les citoyens russes sont descendus par dizaines de milliers dans les rues de Moscou. Surpris par ce réveil de la société civile, le Kremlin leur a aussitôt opposé les forces de lordre et accentué la lutte contre la présence étrangère dans le pays. La répression a alimenté la chronique de lautoritarisme russe.Pourtant, depuis le début des années 2000, si le gouvernement recourt à la force, il emprunte aussi des outils à la démocratie libérale. Cet étonnant paradoxe est au cur de ce livre. Les autorités russes mettent en effet en uvre des programmes de soutien à la société civile qui permettent le développement de formes plus douces de contrainte politique, en sappuyant sur un mélange complexe de coercition et dincitations. Cette ambivalence trouble jusquaux défenseurs des droits de lhomme, à la recherche de compromis entre affrontement et coopération.Fondé sur des enquêtes de terrain, ce livre renouvelle lanalyse des relations entre lÉtat et la société dans la Russie contemporaine. En replaçant les mobilisations actuelles et les choix de Vladimir Poutine dans une perspective historique, il montre comment le pouvoir russe innove et se modernise pour mieux consolider sa domination politique

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