Langue française

  • Nous sommes aujourd´hui bombardés d´injonctions multiples, par le biais d´outils techniques et politiques, destinées à nous faire docilement accepter d´être surveillés, tracés, fichés, catalogués, et même de nous autocontrôler. Et cela semble fonctionner à merveille... Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Comment ce consentement a-t-il été fabriqué, comment s´est-il opéré ? Pourquoi, en effet, adhérer à sa propre « incarcération » ? Cet ouvrage fait l´histoire, qui trouve ses racines dans la révolution industrielle, des mécanismes qui nous dépossèdent un peu plus chaque jour, avec notre pleine adhésion, de nos libertés individuelles.

    Le livre passe en revue les multiples facettes de cette injonction au bonheur sécuritaire. Ainsi, les mots de la coercition volontaire, mélange de novlangue et de propagande, sont conçus comme des anesthésiants visant à faire passer la pilule de l´ordre sécuritaire ; l´« architecture défensive » et l´urbanisme sont censés « garantir la sécurité», prévenir tout risque, toute intrusion menaçante, et mettre à l´écart les indésirables ; les correspondances entre individus, par le biais d´incitations répétées à travers l´histoire, sont victimes des incitations permanentes à la transparence des identités numériques (« réseaux sociaux », fichiers, biométrie) ; le « capitalisme sécuritaire » entreprend d´endoctriner les jeunes cerveaux au nirvana technologique, tandis que la presse et la télévision, nourris du mythe de l´insécurité, installent la peur au coeur des rapports sociaux. Tout ceci, bien entendu, est subsumé sous le règne permanent de l´antiterrorisme, qui conforme les individus à un ordre public subordonnéà la menace d´ennemis intérieurs...

    Mais l´ouvrage se conclut sur une note d´espoir, en s´attachant à envisager les initiatives individuelles et collectives qui seront à même de nourrir le feu de la révolte, pour à la fois rompre la machination et gripper la machine.

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